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Accueil articles 4-EUROPE: en sortir, s'en sortir !

Élections en Allemagne – le chancelier humilié, Die LINKE l’emporte à Berlin.

22 septembre 2026
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Berlin – 22 septembre 2026 – Le 20 septembre ont eu lieu des élections à Berlin et Mecklemburg-Vorpommern. À Berlin c´est le parti du mouvement de gauche offensive, comprenant des communistes, Die LINKE qui l’emporte et double son score. En Mecklemburg-Pomméranie, c´est le parti d’extrême droite l´AfD qui gagne en doublant son score. 

La CDU du chancelier Friedrich Merz n´a pas réussi à recevoir 5% des suffrages en Mecklemburg-Vorpommern, c´est donc la première fois dans l´histoire de la RFA qu´elle ne sera pas représentée dans le parlement d´un Land. Un coup de tonnerre éclatant dans l’horizon politique de l’Allemage qui sonne comme un désaveu politique frontal.. Et cela dans un Land qui vota à 38% pour le CDU dans le début des années 90. Un parti de droite réactionnaire jusque là hégémonique. Le BSW lui, échoue tout juste sous les 5% pour sa première participation dans les deux Länder, ne lui permetttant pas d’avoir une représentation, cela pour la troisième reprise.

Le chancelier Merz, ancien directeur chez BlackRock, défenseur ardent le l´axe UE OTAN, soutien inconditionnel à Israël et au régime de Kiev et ses milices fascistes, est devenu en Allemagne le visage de la campagne de militarisation, de destruction sociale et d´appauvrissement général menée par l´axe UE-OTAN dans tous les pays de l´UE. Cet homme et son parti est parmi la jeunesse Allemande probablement encore moins apprécié que Macron ne l´est par le peuple français. Ce qui peut être difficile à imaginer en France s´est montré dimanche dernier dans les urnes. Seulement 2% des moins de 30 ans en Mecklemburg-Vorpommern et 8% à Berlin ont voté pour son parti. Ce sont donc sans surprise les partis qui ont donc été le plus critiques de son gouvernement qui ont eu les meilleurs résultats lors de ces élections. Même le SPD a pu remonter dans les sondages en Mecklemburg-Vorpommern après que la ministre-président Manuela Schwesig a ouvertement critiqué, avec hypocrisie, son propre parti pour sa politique menée à l´échelle fédérale en coopération avec le CDU. 

Le parti Die LINKE a mené campagne contre la politique d´austérité du gouvernement et surtout sur la question cruciale du logement à Berlin. La campagne a été menée sur la collectivisation des sociétés immobilières, c´est à dire l´administration forcée des logements par l’État. D´après le droit constitutionnel de la RFA, ceci n’est pas une expropriation qui obligerait le Land a payer des compensations pour la valeur du bien. Il s´agit d´un moyen pour le Land de baisser le coût des loyers pour un grand nombre de locataires au détriment des propriétaires fonciers. Il s’agit là d’un héritage des politiques progressistes d’accès au logement héritage de la RDA [1]

Dans les quartiers de la capitale ou Die LINKE a reçu les meilleurs résultats, la question palestinienne fut également abordée de façon très forte dans la campagne électorale. Le BSW avait fait des affiches critiquant Israel et Die LINKE y avait mis des affiches « contre la guerre et le génocide ». 

Il reste à voir ce que Die LINKE va faire à Berlin de cette puissante dynamique populaire, dynamique qui repose aussi sur les manifestations de la jeunesse pour la paix, refusant la guerre et la conscription. Il y a dans le personnel politique beaucoup d´opportunistes et nombre de gens qui veulent arracher des postes à tout prix. Il faut savoir que les fonctions dans la politique locale sont très bien rémunérées en Allemagne (par ex. 9.000€/mois pour un « simple » conseiller municipal dans un des 12 quartiers, 16.000€ pour un Ministre de Land, 8.100€ pour un élu), ce qui génère une forte pression par des opportunistes sans scrupules ni compétences près ainsi à faire des compromis trahissant les engagements donnés devant les électeurs. 

L´enjeu est grand, car seule une véritable politique sociale et donc pour la paix refusant l’escalade guerrière et son économie de guerre pourra arrêter la montée très dangereuse de l’AfD. Mais pour cela, Die LINKE qui a reçu 47% des voix des électeurs de moins de 30 ans devra consolider dans le temps et par ses actes sa position de parti perçu comme social, pour la paix et antifasciste. 

Après les élections, le chancelier Merz a annoncé être déterminé à continuer ses réformes – le dirigeant des sociaux-démocrates de son côté parle d’une mauvaise communication vis-à-vis des réformes. Des propos qui ne sont évidemment pas sans rappeler ceux en France du bloc bourgois, des LR au PS en passant par leurs transfuges macronistes, tous serviteurs des multinationales contre les peuples, tout comme leurs alliés lepeniste avec qui ils votent en cadence au parlement la transcription des directives européennes et des ordres de Bruxelles…

Müntzer

[1] Berlin n’est plus la ville aux loyers dérisoires. Les loyers demandés pour une relocation tournent aujourd’hui autour de 14,4 à 15,8 €/m² hors charges, ce qui reste moins élevé qque les plus de 21 € à Munich. Le sentiment de crise est donc désormais vif : 85 % des Berlinois sont locataires, les revenus y sont inférieurs à la moyenne nationale et les loyers ont fortement augmenté depuis une base historiquement basse. ette base basse plonge ses racines dans la RDA. Le logement y était un droit constitutionnel, pas une marchandise. Les loyers des immeubles anciens étaient gelés au niveau de 1936 (souvent moins d’un mark par mètre carré) ; ceux des Plattenbauten des années 1970-80 étaient fixés autour d’un mark. La charge locative représentait 3 à 5 % du revenu. L’État et les coopératives allouaient les logements ; les expulsions n’existaient pratiquement pas. Après 1990, la réunification inverse le paradigme. Restitution aux anciens propriétaires, « Altschuldenregelung » imposant aux sociétés communales de vendre 15 % de leur parc, et surtout la Treuhand accélèrent la privatisation. Dans les années 2000, le Sénat SPD-Linke de Klaus Wowereit cède plus de 110 000 logements publics à bas prix (parfois 6 000 € l’unité) pour désendetter la ville. Le parc public passe d’environ 590 000 logements en 1990 à 270 000 vers 2010. Une partie de ces stocks se retrouve aujourd’hui chez Vonovia ou Deutsche Wohnen. Depuis, Berlin a construit un parc public : les sociétés landeseigene gèrent désormais plus de 404 000 logements (environ un cinquième du marché), à 7,09 €/m² en moyenne dans le stock existant, loin des loyers de marché. Mais la construction neuve reste insuffisante face à une hausse de population de plus de 500 000 habitants depuis 2010. En 2021, le référendum « Deutsche Wohnen & Co enteignen » obtient 59,1 % de oui : socialiser (Art. 15 de la Loi fondamentale) les sociétés possédant plus de 3 000 logements, soit environ 220 000 à 243 000 unités. Le texte n’était pas contraignant. Die Linke, victorieuse en 2026 avec Elif Eralp, en fait une priorité : « Si Die Linke gouverne, il y aura socialisation. » Les Verts y sont favorables ; le SPD refuse l’expropriation et parle de 20 milliards d’euros de coût ; la CDU et le chancelier Merz y voient une attaque contre le droit de propriété et préparent une loi fédérale pour l’interdire. La question de la socialisation est donc au coeur du débat politique, et le choix des électeurs et en particulier de la jeunesse est clairement pour le socialisme. Le lien avec la RDA est politique autant qu’immobilier. Die Linke, héritière du PDS et donc du SED, présente la socialisation comme une correction de la « braderie » des années 1990-2000 : beaucoup de ces immeubles étaient publics ou d’origine est-allemande. Dans l’est de Berlin, le souvenir d’un logement très bon marché, accessible à tous est très vif.


Les élections du 20 septembre 2026 au Landtag de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et à l’Abgeordnetenhaus de Berlin ont produit deux résultats historiques et contrastés : victoire de l’AfD dans le Nord-Est et de Die Linke dans la capitale, avec un effondrement de la CDU.

La participation a fortement progressé dans les deux Länder (78,1 % en MV contre 70,8 % en 2021 ; 74,2 % à Berlin contre 62,9 % en 2023). Les résultats ci-dessous s’appuient sur les décomptes provisoires officiels (Zweitstimmen, voix de liste déterminant la représentation proportionnelle).

Berlin (158 sièges, majorité à 80)

Die Linke devient pour la première fois la première force de la capitale et plus que double son score. La coalition sortante CDU-SPD perd sa majorité. Une alliance Linke-Grünen-SPD (95 sièges) ou CDU-Grünen-SPD (82 sièges) est mathématiquement possible. Il est probable que ce dernier bloc bourgeois tente de barrer la route à Die Linke.

  • Die Linke : 468 060 voix (25,7 %, +13,5 points), 47 sièges (+25). En 2023 : 185 119 voix (12,2 %), 22 sièges. Meilleur résultat de l’histoire du parti à Berlin. Si on ajoute les voix de BSW la progression est encore plus importante, avec +18.2 points. Près du double de voix que l’AfD, 50% de plus que la CDU, et plus que SPD et verts réunis.
  • AfD : 296 601 voix (16,3 %, +7,2 points), 29 sièges (+12). En 2023 : 137 871 voix (9,1 %), 17 sièges. Troisième force, meilleur score du parti dans la capitale.
  • CDU : 342 516 voix (18,8 %, –9,4 points), 34 sièges (–18). En 2023 : 428 228 voix (28,2 %), 52 sièges. Deuxième ou troisième plus mauvais résultat historique selon les comparaisons.
  • SPD : 220 939 voix (12,1 %, –6,3 points), 22 sièges (–12). En 2023 : 279 017 voix (18,4 %), 34 sièges. Pire score de l’histoire des sociaux-démocrates à Berlin.
  • Grünen : 260 700 voix (14,3 %, –4,1 points), 26 sièges (–8). En 2023 : 278 964 voix (18,4 %), 34 sièges.
  • BSW : 86 041 voix (4,7 %), 0 siège (nouveau parti). Échec au seuil de 5 %. Il a manqué environ 5500 voix pour atteindre le seuil.

Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (71 sièges, majorité à 36)

L’AfD arrive en tête pour la première fois et double son score, mais le cordon sanitaire des autres partis devrait la reléguer dans l’opposition. La coalition sortante SPD-Linke n’a plus de majorité et apparait comme violemment sanctionné par les électeurs qui rejettent ainsi sa politique guerrière conduisant à la ruine économique et sociale ; une alliance rouge-rouge-verte (SPD + Linke + Grünen, 39 sièges) est la plus probable.

  • AfD : 388 026 voix (38,2 %, +21,5 points), 32 sièges (+18). En 2021 : 152 775 voix (16,7 %), 14 sièges. Meilleur score historique du parti dans le Land ; 22 des 36 circonscriptions remportées.
  • SPD : 360 393 voix (35,5 %, –4,1 points), 29 sièges (–5). En 2021 : 361 769 voix (39,6 %), 34 sièges. A bénéficier d’une forme de vote de barrage mais malgré cela pert la première place.
  • Die Linke : 66 388 voix (6,5 %, –3,4 points), 5 sièges (–4). En 2021 : 90 881 voix (9,9 %), 9 sièges. A noter que le total de voix Die Linke + BSW est supérieur à celui de 2021 en augmentation de 27%, avec une progression de 4.9 points. La dynamique est insuffisante pour bloquer l’AfD.
  • Grünen : 57 587 voix (5,7 %, –0,6 point), 5 sièges (inchangé). En 2021 : 57 554 voix (6,3 %), 5 sièges.
  • CDU : 49 629 voix (4,9 %, –8,4 points), 0 siège (–12). En 2021 : 121 583 voix (13,3 %), 12 sièges. Premier échec historique de la CDU à franchir le seuil de 5 % dans un parlement régional depuis 1949.
  • BSW : 49 036 voix (4,8 %), 0 siège (nouveau parti, pas de comparaison directe). Il manque quelques milliers de voix au parti de l’ex leader de Die Linke S Wagenknecht pour réussir le pari d’être représenté avec des élus au parlement du Land.

Berlin : Après les élections d’État Obligé envers la propriété – par Junge Welt

Par Kristian Stemmler – Suite à la déroute des élections de dimanche dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et à Berlin, la CDU ne se préoccupe pas uniquement de ses affaires internes. Elle dispose encore d’une influence suffisante pour défendre les intérêts des entreprises et des investisseurs. Après la victoire de Die Linke à Berlin, l’alliance CDU/CSU accélère ostensiblement la mise en œuvre de son projet visant à rendre impossible l’expropriation des grands promoteurs immobiliers au niveau régional. Le secrétaire général de la CSU, Martin Huber, s’exprimant mardi auprès du groupe de presse Funke, a qualifié de « mission suicide socialiste » la socialisation réclamée par Die Linke durant la campagne électorale, conformément au référendum de 2021. Il a exigé la « mise en œuvre la plus rapide possible » du projet de loi fédéral interdisant de telles décisions au niveau régional. Lundi, le chef de la CDU et chancelier Friedrich Merz avait déjà annoncé que le gouvernement poursuivrait la mise en œuvre du plan convenu par les dirigeants de la coalition en juillet, suite à la victoire de Die Linke à Berlin.

L’objectif principal, a-t-il déclaré, était « d’envoyer un message clair aux investisseurs internationaux : il n’y aura pas d’expropriation de la propriété privée en Allemagne ». Merz a soutenu que la socialisation envisagée serait à terme inabordable et aurait des « effets dévastateurs » tant au niveau national qu’international. Huber, membre de la CSU, partage un avis tout aussi alarmiste. Il a affirmé que les projets d’expropriation du parti Die Linke « ruineraient le marché du logement et engendreraient des coûts exorbitants ». Stefan Evers, tête de liste de la CDU à Berlin, a déclaré que la socialisation « entraînerait des pertes d’emplois, réduirait la construction de logements neufs, ferait grimper les loyers et aggraverait le problème ».

Mardi, Luigi Pantisano, coprésident du parti Die Linke, a réagi aux accusations. Selon l’agence de presse allemande dpa , il a déclaré que la CDU était responsable quotidiennement d’expropriations foncières pour la construction d’autoroutes . Il est incompréhensible, a-t-il ajouté, « qu’une expropriation pour la construction de logements sociaux soit interdite ». Merz, a-t-il affirmé, cherche à « faire une exception pour Berlin par crainte de Die Linke ». Il n’y parviendra pas. Parallèlement, au sein de l’alliance CDU/CSU, les efforts se poursuivent pour canaliser le mécontentement suscité par les défaites électorales. La nouvelle whip du groupe parlementaire CDU/CSU, Catarina dos Santos-Wintz, a exposé la stratégie mardi. Elle s’attendait à des débats lors de la première réunion du groupe parlementaire après les élections, prévue cet après-midi-là, mais pas à une fronde contre Merz, a-t-elle déclaré à Reuters . « Le chancelier bénéficie du soutien total du groupe parlementaire CDU/CSU », a assuré Mme dos Santos-Wintz. Le vice-président de la CDU, Karl-Josef Laumann, a également donné une nouvelle chance à Merz. Tout en qualifiant la sortie de son parti du parlement régional du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale de « signal d’alarme », il a ajouté : « Mais je ne crois pas que remplacer le chancelier soit la solution à l’heure actuelle. » Il faut plutôt mettre en œuvre les « réformes » élaborées, a déclaré le ministre du Travail de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Ce faisant, il faut toutefois également prendre en compte les préoccupations des gens, telles que la sécurité de l’emploi ou le coût de l’alimentation.

Le ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Hendrik Wüst, régulièrement cité comme possible successeur de Merz, a clairement adhéré à la ligne de communication privilégiée par la direction du parti. Lors d’un événement organisé par le Rheinische Post lundi soir, il a déclaré qu’il ne jugeait pas les débats sur les nominations « productifs pour le moment » : « Nous avons besoin d’un gouvernement fédéral stable. »

Le désastre de dimanche n’a pour l’instant eu que des répercussions importantes au sein de la CDU du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Le candidat en tête de liste, Daniel Peters, a annoncé sa démission de la présidence de la section régionale de la CDU lundi soir, suite à cette « défaite cuisante ». D’autres responsables de la CDU dans le nord-est du pays ont également annoncé leur démission. Jusqu’au congrès du parti régional début 2027, Philipp Amthor, ministre d’État chargé de la Coopération fédérale-régionale à la Chancellerie fédérale, assurera l’intérim à la tête de la section régionale. Parallèlement, la ministre-présidente Manuela Schwesig (SPD) a annoncé l’ouverture de discussions exploratoires avec Die Linke et les Verts en vue de la formation d’un nouveau gouvernement régional. Il s’agit de la seule majorité possible au parlement régional sans exclure l’AfD. Leif-Erik Holm, candidat malheureux de l’AfD au poste de ministre-président, a revendiqué la présidence du parlement régional pour son parti, qui disposera du plus grand groupe parlementaire au sein du futur parlement régional. M. Holm a également annoncé la création d’une commission d’enquête parlementaire sur la pandémie de coronavirus.

Tags: afdAllemagneberlinBSWDie Linkeélections en AllemagneEuropeMerzpaixSarah Wagenknecht
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