C’est de ce nom rébarbatif que Sigmund Freud qualifiait un processus psychique très répandu qui se traduit par les incessants déplacements et redéploiements des symptômes psychosomatiques « sautant » d’une partie du corps à l’autre chez certains névrosés: bref, en matière de « réalité psychique » comme en d’autres domaines du monde matériel dont relève aussi l’inconscient de chacun, rien ne se crée, rien ne se perd… et tout se déplace comme l’eût peut-être admis Antoine Lavoisier, le fondateur de la chimie scientifique moderne.
Eh bien il en va de même de l’exterminisme, ce symptôme suprêmement dangereux et cette « réaction sur toute la ligne » (dixit Lénine) qui affectent le capitalisme-impérialisme hautement dégénératif de notre temps. « Sautant » littéralement de l’exterminisme reaganien des années 1980 (« plutôt morts que rouges!« ) au triomphe pseudo-pacifique de la contre-révolution anticommuniste à l’Est, puis de cette dernière au Drang nach Osten* explosif de l’Europe atlantique vers les frontières de la nouvelle Russie bourgeoise, l’exterminisme capitaliste mondialisé ne « se perd » jamais totalement, hélas: tel une divinité hindoue, il se redéploie, prend sans cesse des traits différents mais il ne saurait s’effacer sans que ne disparût avec lui, englouti par des révolutions populaires de nouvelle génération, le « ventre » abject d’où surgissent périodiquement le fascisme et les autres monstres à la Goya qu’enfantent à jet continu l’exploitation capitaliste et ses produits dérivés du moment: anticommunisme obsédant, antisoviétisme recuit (prenant aujourd’hui la forme de la russophobie, de la castrophobie et de la sinophobie), « économie de guerre » macroniste, relance impudente des militarismes allemands et japonais, etc.
C’est ainsi que Trump, le « paisible homme d’affaires » que nous vantent naïfs et courtisans, n’est objectivement pas moins exterministe sur le fond que son prédécesseur Biden. Certes, Trump voudrait appliquer au monde contemporain la vieille tactique impérialiste du « diviser pour régner« ; pour cela, il s’efforce d’obtenir, non pas « la paix » en Ukraine, mais un semblant de cessez-le-feu afin de « découpler » au moins provisoirement la Russie de la Chine… et de l’Iran, prochaine cible désignée de Washington et de ses porte-avions. Le but de Trump est en effet d’avoir (provisoirement) les mains libres en Ukraine pour, dans un premier temps**, « s’occuper » militairement de l’Iran, parachever l’odieux génocide de Gaza, stranguler Cuba socialiste et le Venezuela bolivarien, puis, dans un second temps, concentrer le tir sur la Chine populaire pendant qu’existe encore un fort déséquilibre fuséo-nucléaire entre elle et l’Oncle Sam. Bref, et même s’il est juste que tout que tout adversaire conséquent de l’autodestruction de l’humanité s’empare de toute possibilité, fût-elle minime, d’accalmie sur le front ukrainien (honte à la fausse gauche politico-syndicale française qui soutient le « réarmement » de l’UE-OTAN à quelques bêlements pseudo-humanistes près!), il ne faut pas perdre de vue que, comme le dit le géostratège Jacques Baud, « Trump, c’est le même vin versé dans une autre bouteille« . Autrement dit: le trumpisme pseudo-pacifique, c’est la politique objectivement exterministe de l’impérialisme euro-atlantique se continuant par d’autres moyens, mais toujours en assumant in fine le risque objectif proprement insensé d’un « conflit global de haute intensité » prenant en otage toute l’humanité, si ce n’est l’ensemble du vivant à l’heure des armes atomiques…
Et quand, très provisoirement et tactiquement, l’impérialisme U.S. semble faire une très timide « pause » à l’Est de l’Europe (tout en « déclenchant l’enfer », selon les mots de Trump, sur les enfants gazaouis!), les torches de l’hyper-pyromane atlantiste passent aussitôt dans les mains incendiaires de Macron et Starmer. Lesquels semblent incapables (« pas de lignes rouges ! » osent dire ces insensés!) de s’arrêter au point de bascule où le bon sens et l’instinct de conservation commanderaient de marquer le pas pour négocier !
Moralité: si, répétons-le, il faut se saisir partout du plus mince espoir de désescalade, ne serait-ce que pour gagner du temps et permettre aux luttes de classes qui montent en puissance (fortes grèves ouvrières dans maint pays depuis 2021: Inde, Bangladesh, Mexique, Corée, Grande-Bretagne, Québec, USA et dernièrement, Italie, Grèce, Belgique…) de percuter ce système terroriste de folie et de mort, le capitalisme-impérialisme moderne a l’exterminisme chevillé au corps: ce qui signifie que, depuis longtemps, le maintien du capitalisme est systémiquement devenu incompatible avec le développement, voire avec la simple survie de l’humanité.
Conclusion : le plus tôt possible, il faudra se débarrasser, non seulement des « Bêtes immondes » du fascisme, de l’obscurantisme, de l’exterminisme, etc. qu’engendre en continu le capitalisme-impérialisme dès longtemps parvenu à son stade historiquement terminal, mais du « Ventre » capitaliste lui-même qui génère les pires horreurs qui soient : en un mot, il n’est plus seulement « juste » désormais, il est devenu proprement vital pour la classe travailleuse de jeter bas l’exploitation de l’homme par l’homme, ce luxe pervers que l’humanité ne peut plus s’offrir à l’heure où toutes les forces du travail et de la culture devraient être collectivement mobilisées pour reconstruire un environnement viable et vivable pour tous…
Bref, plus que jamais, comme le disait prophétiquement Fidel Castro, « le socialisme ou mourir, nous vaincrons! », et donc…
que vive la renaissance communiste et révolutionnaire non seulement nationale, mais mondiale !
*Ruée vers l’Est, expression chère à un certain Hitler…
** Voire dans un second temps: car pour se mettre en appétit, le boulimique Donald commencerait bien par annexer sans coup férir le Canada, le Groënland et le canal du Panama!