
Le milliardaire indien Mittal vient d’annoncer un large plan de fermeture d’usines sidérurgiques en Europe, avec de très graves et urgentes menaces contre les aciéries et hauts fourneaux de Dunkerque et Fos. Deux cœurs battant de l’industrie, stratégiques pour le produire en France. Et avec pour conséquences probablement la perte de dizaines de milliers d’emplois ouvriers dans ce qui subsiste de l’industrie en France (notamment dans l’automobile, si menacée déjà). Si les salariés de ces usines, leurs syndicats sont en action, il est significatif d’entendre le silence complice de la classe politique du bloc bourgeois rassemblé autour de la Macronie et de son gouvernement Bayrou. Car c’est bien le silence complice qui domine ainsi du PS au RN des Le Pen, plus préoccupés de trouver toutes les astuces et diversions nauséabondes ou xénophobes pour refuser de censurer Bayrou et maintenir ainsi en place l’ordre euro capitaliste qui liquide l’industrie en France pour doper les profits des multinationales des milliardaires. À l’inverse, les communistes, à l’image du PRCF, appellent à l’action. Un appel à l’action qui trouve écho dans le monde, notamment en Afrique du Sud où le parti communiste (SACP) est en action pour faire interdire les fermetures d’usines Arcelor Mittal. Montrant la voie à suivre. Une voie il est vrai totalement incompatible avec l’Union européenne et ses traités. Mais, entre les intérêts essentiels des travailleurs, les besoins vitaux de la Nation et les profits et privilèges des capitalistes, le choix est évident pour qui a le souci de la France des travailleurs.
Afrique du Sud CP, MÉMORANDUM AU DÉPARTEMENT DU COMMERCE, DE L’INDUSTRIE ET DE LA CONCURRENCE
Intervention nécessaire pour empêcher la fermeture d’usines sidérurgiques nationales par ArcelorMittal Afrique du Sud (AMSA)
- Introduction
Le Parti communiste sud-africain (SACP) soumet ce mémorandum pour souligner le besoin urgent d’une intervention de l’État afin d’empêcher la fermeture d’usines sidérurgiques nationales par ArcelorMittal Afrique du Sud (AMSA). Les fermetures et mises en sommeil prévues d’installations, y compris les usines de Newcastle et de Vereeniging, ainsi que l’usine de fabrication de rails d’eMalahleni, menacent les moyens de subsistance de milliers de travailleurs et représentent un risque grave pour la base industrielle et l’économie sud-africaine en général.
- Historique et contexte
ArcelorMittal Afrique du Sud, autrefois Iscor, une entreprise publique, a été privatisée à partir de 1989 sous le régime de l’apartheid et entièrement privatisée au début des années 2000 dans le cadre de la politique néolibérale de croissance, d’emploi et de redistribution (GEAR). La privatisation d’Iscor s’est avérée être un échec, entraînant une désindustrialisation importante, la propriété étrangère d’actifs stratégiques et le contrôle monopolistique à but lucratif par des sociétés multinationales sous contrôle étranger.
Aujourd’hui, la décision d’AMSA de placer ses aciéries de Newcastle et de Vereeniging et son usine de fabrication de rails d’eMalahleni sous le régime de la « maintenance et entretien », mettant ainsi ces usines en sommeil, menace plus de 3 500 travailleurs directs de licenciements et environ 25 000 à 100 000 emplois dans les secteurs de la métallurgie, de l’ingénierie et de la fabrication de composants automobiles de la destruction de ces emplois. Cette décision représente une recherche irresponsable du profit au détriment des travailleurs, des communautés et du développement national.
Le gouvernement, dont la priorité absolue est la création d’emplois et la soi-disant croissance inclusive, ne doit pas permettre à l’AMSA de fermer les aciéries et les usines de fabrication de rails qu’elle a l’intention de fermer. La décision de désindustrialisation de l’AMSA contredit directement cette priorité et la compromettra.
- Principales préoccupations
3.1 Impacts économiques et sociaux
La fermeture de ces installations par l’AMSA exacerbera la crise du chômage en Afrique du Sud, où plus de 12 millions de demandeurs d’emploi actifs et découragés sont au chômage. Les entreprises qui dépendent des produits sidérurgiques de l’AMSA, telles que les fabricants de composants automobiles et les métallurgistes,
- La fermeture de ces installations par AMSA va exacerber la crise du chômage en Afrique du Sud, où plus de 12 millions de demandeurs d’emploi actifs et découragés sont au chômage.
- Les entreprises dépendantes des produits sidérurgiques d’AMSA, telles que les fabricants de composants automobiles et les industries métallurgiques et mécaniques, risquent la fermeture, des réductions temporaires d’horaires ou des licenciements, ou encore une baisse de production.
- Cette décision perpétue la désindustrialisation du secteur manufacturier, sapant ainsi la valorisation nationale des ressources minérales.
3.2 Échec de la privatisation
- L’échec de la privatisation d’Iscor, qui a abouti à la reprise de ses aciéries par l’AMSA et de la participation de l’Industrial Development Corporation dans Saldanha Steel Mill, est illustré par le non-respect des promesses d’augmentation des investissements, de transfert de technologie et d’efficacité. Au lieu de cela, il a conduit à la liquidation des actifs et à la fermeture d’installations, ainsi qu’à la pratique parasitaire et abusive de la parité des prix à l’importation.
- La fermeture de Saldanha Steel en 2020, avec plus de 1 500 licenciements, reste un exemple frappant de l’échec de la privatisation, tout comme la fermeture prévue des aciéries de Newcastle et de Vereeniging et de l’usine de fabrication ferroviaire d’eMalahleni.
3.3 Pratiques anti-développement
- L’utilisation par l’AMSA de la parité des prix à l’importation a rendu ses produits sidérurgiques nationaux inabordables, ce qui a encore affaibli les industries locales.
- Alors que les droits de douane à l’exportation sur la ferraille et le système de prix préférentiel ont soutenu les fonderies et l’emploi locaux, l’AMSA s’est opposée à ces mesures de politique industrielle vitales et exige que le gouvernement les abandonne, ce que le gouvernement doit rejeter avec le mépris qu’elles méritent.
3.4 Durabilité environnementale
- L’incapacité de l’AMSA à investir dans des technologies de production à faible émission de carbone compromet l’avenir durable de l’industrie sidérurgique sud-africaine.
- Interventions proposées
4.1 Mettre un terme aux fermetures prévues
- Le ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence doit prendre des mesures immédiates pour empêcher les fermetures et la mise en sommeil des installations prévues par AMSA. Il s’agit notamment de faire pression sur AMSA pour qu’elle revienne sur sa décision et de veiller à ce que la production se poursuive sans interruption.
4.2 Explorer les options de propriété publique
- L’État doit immédiatement explorer le transfert de propriété ou la reprise directe des installations concernées, ainsi que de l’aciérie de Saldanha, afin d’assurer la continuité de la production et de relancer la production à l’aciérie de Saldanha, respectivement. Cela inclut la récupération d’une participation majoritaire significative dans la capacité de production d’AMSA dans le cadre d’une stratégie nationale d’industrialisation et de sécurité nationale de la fabrication de l’acier et des produits connexes pour les secteurs en aval.
- ArcelorMittal doit à l’État une somme considérable en amendes et en fonds provenant des institutions publiques de financement du développement. L’État peut convertir ces ressources en une participation au capital des usines de fabrication sélectionnées.
- En outre, l’État peut envisager l’expropriation comme option politique si ArcelorMittal continue de faire preuve d’intransigeance.
4.3 Renforcer la politique industrielle
- Maintenir et développer les instruments essentiels de la politique industrielle, tels que les droits de douane à l’exportation sur la ferraille et le système de prix préférentiels, afin de soutenir l’industrie manufacturière locale.
- Investir dans des mini-aciéries utilisant la technologie de l’arc électrique pour produire de l’acier abordable avec une empreinte carbone plus faible.
4.4 Lutter contre le commerce illégal et le vol
- Des mesures décisives doivent être prises contre le commerce illégal de ferraille et le vol d’infrastructures publiques. Ces activités nuisent à l’industrie sidérurgique nationale et doivent être éradiquées.
4.5 Promouvoir la durabilité environnementale
- Encourager les investissements dans les technologies de production d’acier à faible teneur en carbone afin de garantir un avenir durable à l’industrie.
- Appel à l’action
Le SACP exige une intervention immédiate et décisive de l’État pour faire face à cette crise. Nous réitérons notre solidarité avec les travailleurs et les communautés touchés, et nous avons commencé à mobiliser nos structures pour mener une action militante si les projets d’AMSA ne sont pas stoppés. Le piquet de grève d’aujourd’hui n’est qu’un point de départ. La survie de l’industrie sidérurgique nationale sud-africaine n’est pas seulement une question économique, mais aussi une question de sécurité et de souveraineté nationales.
- Conclusion
Le ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence doit donner la priorité à cette question et prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher la fermeture des installations d’AMSA. La propriété publique, le renforcement de la politique industrielle et l’investissement dans la production durable sont essentiels pour préserver l’avenir industriel de l’Afrique du Sud et protéger les moyens de subsistance de milliers de travailleurs.
Le SACP continuera à surveiller la situation et à impliquer toutes les parties prenantes concernées afin de garantir la défense des intérêts de la classe ouvrière et de la nation.
Nous accordons au ministère un délai de quatre jours pour répondre à ce mémorandum, compte tenu de l’urgence de la question.