
L’actuel puissant mouvement des lycéens et étudiants secoue la France comme jamais et ébranle un régime Macron de plus en plus fébrile, de plus en plus violent et fascisant, à l’image de ce lycéen dont l’avant-bras a été déchiqueté par une arme de guerre lancée par les fascisantes forces du désordre à Lens. Bien sûr, les justes revendications des lycéens doivent être soutenues, en particulier l’abrogation de Parcours Sup et la remise en place d’un vrai bac national donnant accès à l’Université de son choix.
Il est d’ailleurs important de noter que, parmi ces justes revendications, l’une revient régulièrement : celle contre la militarisation de la société. La jeunesse ne s’y trompe pas, elle qui est confrontée à l’abject SNU (Service national universel), qui la prépare à la guerre. La jeunesse veut vivre et elle a soif de paix !
Il est tout aussi important d’observer que le mouvement des lycéens s’étend à la Belgique, à l’Allemagne et à l’Italie : les directives de l’Union européenne de casse des services publics s’appliquent à tous les États membres, et les mêmes causes produisent les mêmes effets. Au Portugal, la grève générale a conduit au retrait du « pacte laboral » porté par la droite au pouvoir.
Néanmoins, cela pose la question de la solidarité et de son expression avec le mouvement lycéen.
Est-il suffisant d’accompagner le mouvement et de simplement soutenir et encadrer le mouvement des lycéens ?
La réponse est non. C’est bien sûr nécessaire quand les lycéens le demandent, mais non suffisant.
C’est pourtant la « stratégie » suivie par la Confédération CGT qui, communiqué après communiqué, ne fait que soutenir la mobilisation lycéenne, sans appeler et sans créer les conditions du « tous ensemble » dont elle semble avoir peur, à l’inverse des travailleurs des raffineries qui sont déjà entrés en lutte.

Dans ce mois d’octobre rouge (tant les mobilisations s’enchaînent), aucune n’est proposée par la confédération CGT. Il n’y a que la seule date du 5 novembre (de quelle année ???), une énième journée d’action à l’appel de l’intersyndicale-CFDT, stratégie qui a pourtant montré toute sa faiblesse et son inefficacité en 2023.
De plus, comme en 2018, la Confédération CGT snobe, ou soutien à demie mot, la date du 17 octobre, qui signe le retour des Gilets jaunes ! Rappelons que c’était l’un des principaux reproches adressés à la mandature de Philippe Martinez lors du 53e congrès.
En parlant de congrès, lors du 54e congrès, largement verrouillé par la direction sortante, la CGT a adopté un document d’orientation globalement réformiste. Néanmoins, toute une partie est consacrée au « tous ensemble » à la « stratégie des luttes » et à la nécessité de « bloquer l’économie » pour satisfaire les revendications.
En n’appelant pas franchement au 17 octobre, en ne faisant que soutenir les lycéens, sans prévoir aucune date de mobilisation en octobre pour faire converger la colère lycéenne avec celle des raffineurs, des pompiers, des fonctionnaires, etc., la Confédération CGT se met en marge de son propre document d’orientation !
Cette partie du D.O. s’avère donc être une supercherie, un faire-valoir destiné à satisfaire la base. Qui peut croire sérieusement que l’on va bloquer l’économie avec la CFDT, qui ne soutient même pas le blocage des lycées !? Un peu de sérieux !
Alors, que faire ?
Eh bien, à l’image de la FNIC-CGT avec les travailleurs du pétrole, il est urgent que les syndicats fassent ce que la Confédération ne veut pas faire : déposer des préavis de grève partout, appeler à des Assemblées Générales de travailleurs en lutte, pour qu’émerge enfin le « tous ensemble et en même temps », qui, n’en doutons pas, fera plier les mutilateurs et les fauteurs de guerre, qu’ils siègent à Paris ou à Bruxelles !
Et c’est aussi comme cela que nous soutiendrons au mieux notre jeunesse mobilisée ! Cette dernière, par sa détermination, ses méthodes de lutte (A.G. et blocages de lycée avec piquets), son intransigeance, nous montre la voie à suivre pour gagner : non pas, une journée de promenade puis on retourne au boulot vaincu, mais la lutte tous ensemble jusqu’à la victoire !
Le « tous ensemble et en même temps et dans le même sens » pour obtenir « l’argent pour les salaires, pas pour la guerre », c’est maintenant ! Jusqu’à la victoire ! « Hasta la victoria siempre ! », comme disait le Che, en développant l’Europe des luttes et en cessant de croire naïvement à une « Europe sociale » dans le cadre de l’UE-OTAN du grand capital !





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