Travailleurs de l’enseignement, ne laissons pas confisquer la colère de la jeunesse !

Non aux « journées de débat » du ministère : le temps scolaire est fait pour enseigner
Le 6 octobre 2026, des dizaines de milliers de lycéennes et de lycéens se sont mobilisés, de façon massive et puissante, dans tout le pays. Ils combattent la casse de l’Éducation nationale qui les prive de leur droit à étudier dans des conditions décentes et équitables. Ils combattent le lycée Blanquer-Mathiot, Parcoursup et le tri social, les inégalités scolaires, le manque criant de professeurs, de personnels et de moyens.
La commission éducation du PRCF salue cette mobilisation exemplaire et réussie, et exprime sa solidarité totale avec la jeunesse. Elle condamne sans réserve les casseurs de l’Éducation nationale.
Ces casseurs, jamais dénoncés dans leur ensemble dans les grands médias, ont des noms : Claude Allègre, François Fillon, Luc Chatel, Najat Vallaud-Belkacem, Gabriel Attal, Élisabeth Borne, pour ne citer que les principaux. Ni de droite ni de gauche, ils partagent la même idéologie européiste et extrême-centriste. Ils ont un chef de bande, Jean-Michel Blanquer, et un donneur d’ordre, la Commission européenne.
Les lycéens et les étudiants de France, soutenus par la mobilisation citoyenne de leurs professeurs et de leurs parents, viennent de remporter une belle victoire politique.
Le pouvoir macroniste répond déjà par une manœuvre visant à mettre au placard les revendications que la jeunesse a réussi à imposer.
Aux personnels de l’Éducation nationale, nous disons : ne donnez aucun crédit à la manœuvre de ce pouvoir réactionnaire contre la jeunesse. Ne l’organisez pas, n’y participez pas.
D’abord la matraque, ensuite le « dialogue » : qui peut être dupe ?
À cette mobilisation, qui traverse tous les territoires, le pouvoir macroniste ne répond ni par des postes (il en supprime à nouveau 1 588 !), ni par l’abandon de Parcoursup. Il répond par la violence répressive. Constatant avec panique que cela ne suffit pas, il y ajoute maintenant la manœuvre politique.
Le ministre de l’Éducation a d’abord abandonné toutes ses prérogatives éducatives à son complice de l’Intérieur. Avec M. Nuñez, il a cosigné l’ordre de faire dégager les lycées par la force publique, c’est-à-dire d’envoyer des hommes en armes affronter des mineurs. Ce choix n’est pas celui de l’ordre, mais celui du désordre. Le bilan : au moins 215 mineurs blessés, plusieurs mutilés par des armes de guerre sublétales, plus de 6 000 interpellations et privations de liberté, y compris de mineurs. Des centaines de lycées ont été fermés pour priver les lycéens de lieux de mobilisation.
Constatant son échec à museler la jeunesse par la force, M. Geffray demande maintenant aux établissements de banaliser deux journées de cours pour organiser des « débats » en interne.
Qui peut croire que les porteurs de matraques seraient les chantres du dialogue ? Personne !
Ce pouvoir est aussi celui qui a sabordé le service public en laissant vacants des milliers de postes, faute de recrutements : des dizaines de millions d’heures de cours ont été perdues.
Celui qui prive les élèves de cours ne peut pas prétendre les éduquer au débat. Celui qui dirige la police, dont les actions conduisent à mutiler des lycéens, ne peut pas se présenter en médiateur.
Cette manœuvre est en réalité l’aveu que la matraque a échoué. Bravo à notre jeunesse : elle a montré que l’unité et la justice ne se laissent pas vaincre !
Un lycée est un lieu d’enseignement, pas une maison de quartier ni une tribune pour la macronie
L’instrumentalisation du corps enseignant et le mépris du savoir, c’est non !
La mission des enseignants, des personnels d’éducation et de direction est de donner à la jeunesse les conditions d’acquérir des savoirs disciplinaires et techniques précis, rigoureux, scientifiques. Ce sont ces savoirs qui forment l’esprit critique. Le débat d’idées est nécessaire, mais il se nourrit de connaissances et ne s’y substitue pas.
Les établissements scolaires ne sont pas les tribunes politiques du pouvoir en place. Les agents qui y travaillent sont soumis, et c’est bien normal, au devoir de neutralité dans le cadre du service. Il ne revient donc pas au ministère de transformer le temps de classe en dispositif de communication gouvernementale. Il ne lui revient pas non plus de faire dispenser, à la place des cours, une pensée validée par le pouvoir. Les fonctionnaires sont au service de la Nation et guidés par la science, non au service du pouvoir.
Des représentants des personnels de direction ont eux-mêmes exprimé leurs réserves. Des syndicats comme le SNES-FSU ou le SNFOLC ont appelé les personnels à ne pas se montrer « complices » de cette manœuvre et à poursuivre leur soutien à la jeunesse. Les personnels d’enseignement, eux aussi victimes de la répression et de l’austérité tous azimuts de ce gouvernement, ont toutes les raisons de refuser de servir de relais à cette opération.
Si ce gouvernement veut que les lycéens regagnent rapidement leurs classes pour étudier, s’il se soucie vraiment de limiter les heures perdues, il existe un moyen simple : qu’il fasse droit à leurs revendications, plutôt que de faire perdre de nouveau des centaines de milliers d’heures d’enseignement en les banalisant.
La commission éducation du PRCF, constituée de travailleurs de l’enseignement, ne cédera pas. Elle appelle ses collègues à ne pas céder, car céder serait trahir la jeunesse et fragiliser les justes revendications de tous les travailleurs.
Un gouvernement sans légitimité pour dicter aux lycéens ce qu’ils doivent penser
Ce gouvernement a maintenu Blanquer, le casseur du lycée, et fait de Mathiot l’architecte de sa réforme. Il a préféré les cadeaux fiscaux aux multinationales aux moyens de l’école. Il choisit aujourd’hui d’investir en priorité dans l’armement et dans l’économie de guerre, au service de la fuite en avant impérialiste de l’UE et de l’OTAN, qui veulent repousser leurs frontières à l’Est et nous rapprochent d’un affrontement nucléaire mondial. Le choix d’Emmanuel Macron, plutôt que d’écouter les lycéens le 6 octobre 2026 et de débloquer les lignes budgétaires nécessaires, a été d’assister au lancement coûteux d’un missile balistique intercontinental à capacité nucléaire M51.3, avec la volonté assumée « d’être craint ».
Quand il y a de l’argent pour les canons mais pas pour les professeurs, des postes de CRS mais pas de postes au CAPES, ce gouvernement n’a aucune leçon à donner à la jeunesse.
La jeunesse a déjà trouvé les mots

Hier, les étudiants des ENS (Ulm, Lyon, PSL), élite intellectuelle de la nation, ont bloqué leurs amphithéâtres. À PSL, le slogan faisait écho à celui du PRCF : « L’argent pour enseigner et pour soigner, pas pour bombarder ; l’argent pour les salaires, pas pour la guerre ». Les normaliens ont écrit en grand : « Des sous dans nos lycées, pas dans vos armées ! »
Lycéennes, lycéens : vous avez raison de vous mobiliser. Ne laissez personne décider à votre place de ce que vous avez à dire. Vos assemblées sont les vôtres. Vos aînés, enseignants et personnels, ont pour missions de vous enseigner et de défendre vos droits ; ils n’ont pas à être placés face à vous avec des éléments de langage conçus au ministère. Rien n’est plus puissant qu’un peuple qui prend conscience.
La commission éducation du PRCF en appelle aux travailleurs de l’éducation
La commission éducation du PRCF appelle les enseignants, les personnels d’éducation, administratifs, techniques et de direction :
- à refuser d’organiser collectivement et à ne pas prendre part à cette opération de récupération politique qui n’a en outre aucune légitimité réglementaire ni pédagogique ;
- à défendre le temps d’enseignement et les savoirs contre leur instrumentalisation ;
- à soutenir le droit des lycéens à se mobiliser collectivement et à tenir leurs propres assemblées générales ;
- à exiger, en conseil d’administration, en heure d’information syndicale et en assemblée de personnels, les postes, les recrutements et les moyens matériels, et à éclairer les choix politiques réactionnaires de ce gouvernement cupide et belliciste ;
- à construire l’unité avec les syndicats combatifs, les parents et les élèves.
Refuser cette manipulation, ce n’est pas refuser le dialogue. C’est dénoncer une manœuvre politique qui instrumentalise l’école.
Pour l’école, pour la paix, pour l’avenir
Nous exigeons : des moyens humains et matériels pour l’école publique ; l’abrogation de la réforme du lycée Blanquer-Mathiot et du socle commun Fillon-Peillon ; l’abandon de Parcoursup ; des salaires et des postes plutôt que des armements ; la sortie de l’UE, de l’euro et de l’OTAN ; la rupture avec le capitalisme et la paix entre les peuples.
Ce gouvernement, comme les précédents, tous inféodés à l’Union européenne et à l’OTAN, a plongé notre jeunesse dans la précarité, lui a opposé la répression violente et ne lui offre pour perspective que la guerre. C’est dramatique.
La jeunesse a montré de façon exemplaire qu’elle est lucide et qu’elle exige un avenir de prospérité, de justice sociale et de paix. Plus que les poubelles qui brûlent, voilà ce qui fait peur à la grande bourgeoisie et la conduit à piétiner l’état de droit, dans un basculement pré-fasciste.
Georges Politzer, professeur de philosophie, communiste, organisateur de la résistance intellectuelle dès 1940, a été fusillé par les nazis au Mont-Valérien en 1942. Son exemple nous enseigne qu’être un intellectuel et un éducateur, c’est défendre les savoirs et l’indépendance de l’esprit, et ne pas baisser les yeux devant la réaction et sa violence obscurantiste.
Aux professeurs, nous rappelons ses mots :
« L’esprit critique et l’indépendance intellectuelle ne consistent pas à céder à la réaction, mais à ne pas lui céder. »
Ni cours confisqués, ni pensée dictée, ni jeunesse sacrifiée à la guerre ! Des moyens pour l’école, de l’argent pour les salaires, pas pour la guerre !
Commission éducation du PRCF, Pôle de Renaissance Communiste en France, initiative-communiste.fr

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