Au moment même où il s’affiche avec Tsipras, l’ex-leader euro-soumis de la « gauche radicale » grecque, ROUSSEL est LÂCHÉ par le GROUPE « COMMUNISTE » et « ULTRAMARIN » à l’ASSEMBLÉE NATIONALE
Par Fadi Kassem, secrétaire général du PRCF et Georges Gastaud, directeur politique d’Initiative communiste
Quoi que l’on pense des mérites comparés des candidatures concurrentes de MM. Mélenchon et Roussel à la présidentielle — et le PRCF s’est déjà exprimé une première fois à ce sujet —, les militants du PCF qui s’étaient prononcés en congrès à une large majorité pour une candidature indépendante de leur parti, ne peuvent vivre que comme un piteux lâchage en rase campagne la décision du groupe parlementaire GDR (PCF et apparentés), et notamment de son président Stéphane Peu, de soutenir sans attendre la candidature de J.-L. Mélenchon en « plantant » délibérément dès le premier tour celle de leur « camarade » Roussel. C’est ce que M. Peu, élu grâce aux efforts des militants du PCF, ose appeler « prendre ses responsabilités »…
Ce ralliement peu glorieux, qui réduit à une pure apparence l’existence d’un groupe communiste indépendant, vaut allégeance, voire adhésion de fait à LFI. Il clôt formellement la période de rigueur et de cohérence politiques ouverte par le Congrès de Tours de 1920. Il est inspiré, avant tout, derrière les phrases grandiloquentes, par un électoralisme épais : en réalité, aucun des amis de M. Peu et de Mme Faucillon n’a envie d’être opposé, aux très prochaines législatives, à un candidat LFI officiel qui lui damerait le pion dès le premier tour ! Dès lors, autant « se soumettre aux Insoumis » directement, tel Gribouille se jetant dans la rivière pour éviter l’averse !
Pour autant, Fabien Roussel, pris à son propre jeu, ainsi que le courant censément identitaire, sinon marxiste, qui le soutient, vient seulement d’obtenir la monnaie de sa pièce. Voilà ce qui arrive tôt ou tard quand, depuis cinquante ans désormais, le PCF en mutation présente fallacieusement comme des « novations » les reniements révisionnistes qui, depuis le 22e congrès de 1976, ont vu ce parti ravagé part le révisionnisme et l' »eurocommunisme », se délester de tous ses fondamentaux : de la dictature du prolétariat à la socialisation des moyens de production, du marxisme-léninisme à la classe ouvrière, du combat de Jacques Duclos contre l’Europe supranationale à l’adhésion, prônée par MM. Herzog et Wurtz, à la mensongère « réorientation progressiste de la construction européenneé ». Encore récemment, Fabien Roussel ne vient-il pas de dénigrer la « dictature du prolétariat » – montrant, au passage, son ignorance crasse sur la théorie marxiste-léniniste » – et de laisser entendre qu’un jour, le PCF pourrait changer de nom ?
Résultat inévitable dû au fait que le PCF « post-léniniste » au accompagné de gauche le PS dans ses dérives jospino-mitterrandiennes (gouvernements pro-Maastricht de Mauroy et Jospin), accepté en principe la monstrueuse « construction » européenne, applaudi jusqu’au bout le méga-traître Gorbatchev, salué la liquidation de la RDA et dénigré sans nuances l’expérience soviétique à l’unisson de S. Courtois en 1997, et, dans la dernière période, relayé sans esprit critique le narratif présentant le belliqueux régime otano-bandériste de Kiev comme la candide victime du prédateur moscoutaire…
En outre, comment se plaindre d’être trahi par ses propres députés quand le néo-PCF, dès l’époque Marchais, a fait parade de renier le centralisme démocratique — qui soumettait la minorité à la majorité et subordonnait les élus de tous niveaux aux décisions démocratiques des militants réunis en congrès ?
En attendant, le PCF encourt à court terme une crise existentielle explosive. Désormais, et quoi que chacun d’entre eux ait pu penser au temps T des candidatures respectives de Mélenchon et Roussel, tous les communistes qui souhaitent faire vivre, non pas une coquille vide n’ayant plus du glorieux PCF d’antan que le nom — nom que, répétons-le, Roussel n’exclut même plus de changer ! —, non pas un sous-traitant, tantôt du PS et tantôt de LFI, mais un parti marxiste-léniniste de combat et d’avant-garde dont le mouvement populaire a vitalement besoin, doivent impérativement se parler et agir ensemble, qu’ils appartiennt encore, ou qu’ils n’appartiennent plus au PCF ou aux JC.
Il s’agit de rien moins que d’aider la classe ouvrière à redevenir la force dirigeante du changement, à briser les chaînes mortelles de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme, à rompre l’union sacrée impérialiste qui mène la France à une guerre continentale, à stopper net la fascisation galopante, à assumer enfin haut et fort la perspective du Frexit progressiste et de la révolution socialiste, sans oublier de défendre sans équivoque la cause palestinienne et Cuba socialiste.
Pour cela, il faut aussi renforcer la force organisée la plus constante, honnête et cohérente qu’est le Pôle de renaissance communiste en France, dont l’influence idéologique croissante transparaît dans les manifestations massives des lycéens et des étudiants entonnant puissamment la Marseillaise contre l’oligarchie euro-atlantique et à laquelle s’ajoutent les drapeaux rouges et l’Internationale.
C’est pourquoi nous invitons chacun à y réfléchir sans a priori dépassé yout en méditant l’interpellation célèbre que Lénine adressait aux militants ouvriers trahis par la social-démocratie en 1914 ; « camarades, l’heure est venue d’ôter la chemise sale et d’enfiler une chemise propre ! »



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