Débat
J’en ai suivi attentivement les reportages diffusés en direct sur plusieurs chaînes télévisuelles.
J’ai remarqué d’emblée deux choses : d’abord le caractère heureux, massif et joyeusement pacifique de cette manifestation, à laquelle divers groupes de musiciens et d’artistes du théâtre de rue apportaient leurs contributions ; ensuite, vers la fin de l’après-midi, la très grande différence ressentie par ces mêmes reporters séparant cette grande manifestation de l’irruption des groupes violents, d’emblée qualifiés par eux de groupes de casseurs ou de Black-Blocs.
Décrivant ces groupes, ces mêmes reporters mettaient en évidence les caractères qui distinguaient ces petits groupes des manifestants : ils les voyaient vêtus et cagoulés de noir, très mobiles, très organisés et commandés à la poursuite d’autres objectifs que ceux de la manifestation.
Mes bientôt soixante-dix ans d’expérience de militant communiste me permettent déjà de savoir que ces groupes violents ne participent pas des revendications pour lesquelles cette manifestation avait été convoquée : l’organisation et l’agilité de leur intervention montre que ce sont des groupes de membres d’une milice commandée et entraînée pour commettre les dégâts qu’ils ont commis et pour entraîner avec eux ceux des manifestants dont l’expérience politique ne leur permet pas de voir immédiatement la réalité réactionnaire de leur action.
Il me semble que cela propose une tâche à tous les journalistes d’investigations soucieux de leur liberté d’informer : enquêter sur ces milices, mettre en évicence leurs organisateurs et leurs commanditaires et diffuser leurs enquêtes et leurs découvertes !
Cela étant, il faut remarquer la gravité de certains des dégâts, dont le plus spectaculaire est sans doute l’incendie de l’Hôtel de Ville de Limoges : dans ce cas, les casseurs ont agi sans s’alourdir de manifestants naïfs, en s’introduisant dans l’édifice par des itinéraires préparés à l’avance, par les caves et les souterrains notamment, en apportant avec eux tout ce qu’il fallait pour allumer le grand incendie dont nous avons été témoins : le crime prémédité est évident.
La police semble avoir réussi à arrêter une quinzaine de ces incendiaires : espérons que la police judiciaire et la justice instruiront de manière approfondie l’enquête sur ce crime ; nous avons besoin de connaître la vérité sur ses instigateurs !
Dans le moment présent, Monsieur Macron et tous ses ministres se sont hâtés d’attribuer la responsabilité de ces crimes aux forces de progrès social de notre pays, partis porteurs du drapeau rouge et France insoumise, à tort bien évidemment ; cette accusation nous ramène quatre-vingt treize ans en arrière, à février 1933, où le Reichstag fut incendié et où aussitôt, le chef de la propagande nazie, Gœbbels, accusait les communistes de cet incendie !
Nous savons ce qu’il en est advenu : Georges Dimitrov, secrétaire général de l’Internationale communiste, comparut comme accusé au procès, qui aboutit à désigner les véritables coupables de cet incendie : c’était l’état-major du parti nazi avec les SA pour agents d’exécution !
Donc oui, exigeons que la justice enquête, découvre, poursuive et condamne les coupables de l’incendie de l’Hôtel de Ville de Limoges, sans céder au leurre des accusations hâtives des ministres de la Macronie et de leurs relais de la presse d’argent !…
Jean-Pierre Combe – 19 octobre 2026
NDLR cette tribune d’opinion a été écrite le 19 octobre.


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