Le Parti communiste du Brésil (PCB) a lancé sa campagne électorale communiste en vue des élections présidentielles de 2026 au Brésil. Il s’agit d’une campagne visant à défendre la construction d’un pouvoir populaire et le socialisme, ainsi qu’à promouvoir une transformation révolutionnaire du pays. Cette candidature propose un programme électoral solide.
Lula, âgé de 80 ans, a annoncé sa candidature pour ce mandat une fois encore, tandis que l’extrême droite, menée par Bolsonaro et ses alliés — considérés comme le bras armé de l’impérialisme américain — intensifie ses attaques. Le journal du PRCF Initiative Communiste, franchement communiste, se félicite et rémercie chaleureusement Emilson Costa le candidat du parti communiste brésilien (PCB) pour ses réponses exclusif à un entretien réalisé par le secteur international du PRCF. Ainsi les travailleurs de France peuvent avoir accès à des réponses totalement censurées en France sur la situation au Brésil et les enjeux de cette élection présidentielle, c’est à dire les réponses communistes des camarades du PCB. C’est une aide et un appui précieux pour aider les travailleurs français à mieux comprendre la situation au Brésil ainsi que les défis des luttes de classes, anti-impérialistes et révolutionnaires qui y sont menées, et au-delà l’ensemble des convergences et luttes communes qui sont celles de l’Internationale Communiste.

Initiative Communiste : Quelle est la situation du Brésil, du point de vue de la contradiction entre le capital et le travail, à la veille de cette élection ?
Edmilson Costa – Le Brésil aborde cette élection marqué par une profonde contradiction entre l’immense richesse produite par le travail et l’extrême inégalité sociale qui caractérise le capitalisme brésilien subordonné. Il s’agit d’un pays qui dispose de vastes terres cultivables, d’abondantes ressources en eau et en énergie, d’une biodiversité exceptionnelle, de minerais stratégiques, de 21 % des réserves mondiales de terres rares, et qui possède l’une des plus grandes économies de la planète. Pourtant, cette richesse demeure concentrée entre les mains d’une petite élite économique et financière, tandis que des millions de travailleurs vivent dans des conditions précaires. Cette réalité n’est pas un accident historique, mais le résultat de siècles de domination exercée par les oligarchies nationales associées au capital international, qui ont toujours empêché la participation effective du peuple aux décisions économiques et politiques.
Au cours des trois dernières décennies et demie, la mise en œuvre du néolibéralisme a considérablement approfondi cette contradiction entre le capital et le travail. Les privatisations, la déréglementation économique, les contre-réformes du droit du travail et des retraites, la compression des salaires et les politiques permanentes d’austérité ont transféré une part croissante de la richesse sociale vers le système financier. Tandis que les travailleurs perdaient des droits historiques et subissaient une détérioration de leurs conditions de vie, l’oligarchie financière a accru ses privilèges grâce à l’appropriation des ressources publiques, notamment par le biais du paiement des intérêts de la dette publique, transformant ainsi l’État en un instrument de transfert permanent de revenus au profit du grand capital.
Les conséquences sociales de ce modèle sont dévastatrices. Le marché du travail brésilien est devenu l’un des plus précarisés parmi les grandes économies industrielles. Seuls environ 38 % des travailleurs du secteur privé disposent d’un emploi formel, tandis qu’environ 39 millions de personnes survivent dans l’économie informelle, sans stabilité, sans droits ni protection sociale. Parallèlement, près de 70 % de la population active perçoit au maximum deux salaires minimums, soit environ 600 dollars, ce qui met en évidence un modèle fondé sur la surexploitation de la main-d’œuvre afin de garantir des taux de profit élevés au grand capital national et international. La pauvreté demeure structurelle : près de 49 millions de Brésiliens dépendent d’un programme de transfert de revenus, la Bolsa Família, qui représente environ 130 dollars par mois pour assurer leur subsistance.
Cette réalité sociale révèle également les limites de la souveraineté nationale. La dépendance économique construite au cours des dernières décennies a renforcé l’influence de l’impérialisme sur des secteurs stratégiques de l’économie brésilienne, accroissant la vulnérabilité du pays face aux rivalités géopolitiques internationales. Dans ce contexte, les déclarations de Donald Trump sur la volonté de transformer l’Amérique latine en « notre hémisphère » et de s’approprier les ressources stratégiques de la région expriment une conception historique de la domination, qui s’est accentuée sous son gouvernement. Elles traduisent la tentative de réaffirmer l’hégémonie des États-Unis sur une région riche en ressources naturelles stratégiques, en énergie, en produits alimentaires et en minerais critiques, précisément au moment où cette hégémonie montre des signes croissants de déclin sur la scène internationale.
Face à cette situation, le renforcement du mouvement anti-impérialiste devient une nécessité historique, non seulement pour le Brésil, mais pour toute l’Amérique latine. La résistance aux projets de recolonisation économique et politique exige une intégration accrue entre les peuples latino-américains, la solidarité internationale, ainsi que l’unité et la mobilisation des forces populaires pour défendre la souveraineté nationale et populaire, les droits sociaux et l’autodétermination des peuples. Pour les travailleurs, cette lutte revêt une signification commune : affronter un système qui concentre les richesses, détruit les droits et subordonne les nations périphériques aux intérêts du grand capital financier international. L’émancipation des peuples dépendra de leur capacité à construire un large front international de résistance à l’impérialisme et aux politiques néolibérales qui alimentent les inégalités, la guerre et l’exploitation à l’échelle mondiale.

Initiative Communiste : quelle est la situation du mouvement anti-impérialiste face aux projets de Trump visant à s’approprier l’ensemble du continent américain (« notre hémisphère ») ?
Edmilson Costa – Le Parti Communiste Brésilien (PCB) avertit depuis de nombreuses années que le gouvernement brésilien ne peut nourrir aucune illusion à l’égard de l’impérialisme états-unien. L’histoire démontre que l’impérialisme n’a ni alliés permanents ni relations d’amitié entre États : il n’a que des intérêts économiques, stratégiques et géopolitiques. La politique étrangère des États-Unis, quel que soit le gouvernement en place, a toujours cherché à préserver son hégémonie sur l’Amérique latine, en recourant à la pression diplomatique, à la guerre économique, au soutien aux forces conservatrices et, lorsque cela s’avère nécessaire, à la déstabilisation politique des gouvernements qui contrarient ses intérêts.
Lorsque Donald Trump et Lula affirmaient qu’il existait une certaine « alchimie » entre eux, nous avions de nouveau averti que ce rapprochement constituait un piège politique. Les faits ont confirmé cette analyse. Aujourd’hui, le gouvernement Trump mène une offensive ouverte contre le Brésil à travers l’imposition de droits de douane, l’utilisation d’accusations sans fondement pour justifier des mesures de pression économique et le soutien explicite aux forces de l’extrême droite brésilienne. Cette attitude démontre que, pour l’impérialisme, même des gouvernements relativement conciliants deviennent dispensables dès lors qu’ils cessent de servir pleinement les intérêts stratégiques de Washington. Si le gouvernement Lula avait compris cette logique de fonctionnement impérial, le pays se trouverait aujourd’hui dans une position beaucoup plus solide pour défendre sa souveraineté.
Dans ces circonstances, le PCB défend la construction d’un large Front anti-impérialiste, capable de rassembler le mouvement syndical, les mouvements populaires, les organisations de jeunesse, les intellectuels engagés dans la défense de la souveraineté nationale et populaire, ainsi que tous les secteurs démocratiques disposés à affronter effectivement l’offensive impérialiste. Ce front ne doit pas se limiter à l’action institutionnelle ou parlementaire. Il doit constituer un véritable mouvement de masse, organisé et permanent, capable de répondre politiquement aux tentatives de subordination économique, technologique et militaire du Brésil aux intérêts des grandes puissances capitalistes.
Afin que cette résistance puisse s’enraciner profondément dans la société, nous défendons la création de Comités populaires sur les lieux de travail et d’études, dans les quartiers et au sein des communautés. Ces espaces doivent fonctionner comme des instruments permanents d’organisation, de formation politique et de mobilisation populaire, en renforçant la participation directe des travailleurs aux décisions concernant l’avenir du pays. La défense de la souveraineté nationale ne pourra être véritablement effective que lorsqu’elle cessera d’être une revendication réservée aux gouvernements et deviendra une cause consciemment assumée par le peuple travailleur.
Dans le même temps, la lutte anti-impérialiste ne pourra remporter de victoires durables que si elle est indissociablement liée aux revendications concrètes de la classe travailleuse. Il ne peut y avoir de véritable indépendance nationale dans une société caractérisée par de bas salaires, le chômage, la précarisation du travail et une concentration extrême des richesses. La défense de la souveraineté doit aller de pair avec l’élargissement des droits sociaux, la reprise du contrôle public sur les secteurs stratégiques de l’économie et la construction d’un projet de développement répondant aux besoins de la majorité de la population. C’est sur cette base que pourra émerger une résistance populaire capable de faire face aux projets de recolonisation de l’Amérique latine et d’affirmer le droit des peuples à l’autodétermination.
Initiative Communiste : Existe-t-il un risque que la droite fasciste, du type Milei ou Bolsonaro, revienne au pouvoir ? Comment le Parti combat-il ce danger ?
Edmilson Costa – Ce risque est réel et ne doit pas être sous-estimé. L’extrême droite brésilienne ne constitue pas un phénomène passager et ne peut pas davantage être expliquée par la seule figure de Jair Bolsonaro. Elle représente une base politique et sociale consolidée, construite à travers l’influence des classes dominantes, du grand capital et de l’impérialisme sur les institutions de l’État ainsi que sur d’importants secteurs de la société. Aujourd’hui, l’extrême droite est présente au Congrès national, dans les gouvernements des États et des municipalités, au sein de certains secteurs du pouvoir judiciaire, des Forces armées et des forces de police. Elle bénéficie également du soutien de certains segments des classes moyennes et, malheureusement, d’une partie de la classe travailleuse elle-même, soumise à une intense offensive idéologique menée par les grands médias, les plateformes numériques et les organisations religieuses conservatrices.
Selon l’analyse du Parti communiste brésilien, l’extrême droite est devenue aujourd’hui la principale expression politique des intérêts de l’impérialisme à l’intérieur du pays. Elle agit comme une véritable cinquième colonne, plaçant les intérêts stratégiques des États-Unis au-dessus de la souveraineté nationale et populaire. Ce n’est pas un hasard si, lors de ses manifestations, des drapeaux américains sont fréquemment brandis, ni si l’ancien président Jair Bolsonaro a lui-même salué militairement le drapeau des États-Unis. Le projet de l’extrême droite brésilienne ne consiste pas seulement à appliquer un programme ultralibéral : il vise également à approfondir la dépendance économique, technologique et militaire du Brésil, en réduisant davantage encore sa capacité à décider souverainement de son propre destin, tout en accentuant la surexploitation des travailleurs.
Malgré les nombreuses enquêtes impliquant le fils de l’ancien président, lui-même candidat, ainsi que d’importants dirigeants bolsonaristes dans des affaires de corruption et d’attaques contre les institutions démocratiques, l’extrême droite continue de préserver une base électorale significative. Les sondages d’opinion indiquent que son principal candidat conserve le soutien d’environ 40 % de l’électorat national, ce qui révèle que nous sommes confrontés à un phénomène politique structurel et non simplement conjoncturel. Cette progression ne peut être comprise uniquement comme le résultat de campagnes électorales réussies. Elle exprime la profonde crise sociale produite par le néolibéralisme, le discrédit des institutions et la capacité des forces réactionnaires à exploiter le mécontentement populaire au moyen de la désinformation, du conservatisme et de la manipulation des réseaux numériques.
C’est pourquoi le PCB considère que la lutte contre l’extrême droite ne peut se limiter aux affrontements électoraux. Empêcher sa victoire dans les urnes constitue évidemment une tâche importante, mais insuffisante. L’expérience internationale montre que le fascisme et les courants autoritaires ne disparaissent pas simplement après une défaite électorale, car ils continuent de préserver leurs bases économiques, leurs appareils idéologiques et leur influence sur certaines parties de la société. Les combattre exige de s’attaquer aux conditions matérielles qui alimentent leur progression : les inégalités, la précarisation du travail, la perte des droits sociaux et la subordination des États aux intérêts du grand capital financier. Seule une alternative fondée sur le pouvoir populaire, la participation directe des majorités sociales et la transformation des structures économiques pourra vaincre durablement l’extrême droite.

Initiative Communiste : En quoi votre candidature se distingue-t-elle de celle de Lula ? Existe-t-il des points de convergence avec lui, par exemple sur des questions telles que Cuba ou le risque d’une guerre mondiale en Europe ou au Moyen-Orient ?
Edmilson Costa – La candidature du PCB cherche à présenter aux travailleurs une alternative de classe et de transformation sociale, distincte des autres candidatures en lice. Notre objectif est de porter dans le débat public des questions qui, selon nous, restent absentes de l’agenda politique brésilien, telles que la confrontation structurelle avec l’impérialisme, le dépassement des politiques néolibérales mises en œuvre au cours des dernières décennies et la nécessité de profondes transformations économiques, sociales et institutionnelles. Le PCB considère que la crise brésilienne ne peut être résolue par de simples ajustements administratifs ou par des changements partiels de gouvernement, mais qu’elle exige un nouveau projet de développement fondé sur la souveraineté nationale, le pouvoir populaire et les intérêts de la classe travailleuse.
Selon notre analyse, une grande partie des limites des forces progressistes actuelles découle de leurs alliances politiques et de leur stratégie de conciliation avec certains secteurs du grand capital. C’est pourquoi le PCB défend une plateforme qui propose l’abrogation des contre-réformes néolibérales, la reprise du contrôle public sur les secteurs stratégiques de l’économie, l’audit de la dette publique, l’élargissement des droits des travailleurs, la réforme agraire et une politique économique orientée vers les besoins de la majorité de la population. Il s’agit d’un projet qui entend replacer la lutte des classes au centre du débat politique brésilien.
Notre programme s’articule autour de cinq grands axes de transformation. Nous défendons une profonde réforme politique afin d’élargir la participation populaire aux décisions de l’État ; une réorganisation de l’économie, avec la nationalisation du système financier et le retour dans le secteur public des entreprises qui ont été privatisées ; la reconquête et l’élargissement des droits sociaux et des droits du travail, notamment la réduction du temps de travail à 30 heures hebdomadaires sans réduction de salaire ; la restauration du pouvoir d’achat des salaires ; la protection des travailleurs des plateformes numériques ; la nationalisation de l’ensemble du système privé de santé et l’instauration d’un système universel d’enseignement public, avec la nationalisation des établissements privés d’enseignement ; enfin, une politique étrangère fondée sur l’autodétermination des peuples, l’intégration latino-américaine et la solidarité internationale avec les pays et les peuples confrontés aux sanctions, aux guerres ou à d’autres formes d’intervention extérieure, en particulier Cuba, la Palestine et l’Iran.
Sur le plan international, il existe certains points de convergence entre le PCB et le gouvernement Lula. Nous considérons comme positives les positions du gouvernement brésilien en faveur du multilatéralisme, sa participation aux BRICS et son rejet de certaines pressions unilatérales exercées par les États-Unis. Nous partageons également la défense de la levée du blocus économique contre Cuba, la reconnaissance du droit du peuple palestinien à l’autodétermination et la recherche de solutions diplomatiques aux conflits internationaux. Mais les positions politiques du gouvernement restent essentiellement rhétoriques et sont donc insuffisantes pour faire face à l’offensive impérialiste. Le PCB considère que la politique étrangère brésilienne doit adopter une position encore plus ferme face à l’impérialisme, développer une solidarité matérielle avec Cuba et avec les peuples soumis à des agressions extérieures, et s’opposer à l’escalade militaire qui accroît les risques de conflits de grande ampleur en Europe et au Moyen-Orient.
Nous estimons que nos propositions sont réalisables parce que le Brésil est mûr pour le socialisme. Le pays réunit des conditions objectives exceptionnelles pour construire un projet de transformations sociales avancées. Il dispose d’une importante base industrielle, d’immenses ressources naturelles, de capacités scientifiques, d’une grande abondance énergétique, de terres fertiles, de réserves stratégiques de minerais et d’une population travailleuse hautement créative. Selon le PCB, ces conditions sont bien plus favorables aux transformations sociales que celles auxquelles ont été confrontées plusieurs expériences révolutionnaires du XXe siècle, qui sont parties d’un niveau de développement des forces productives beaucoup plus faible. Notre candidature cherche précisément à ouvrir ce débat au sein de la société brésilienne et à démontrer qu’il existe une alternative capable de transformer notre pays en une nation prospère, démocratique et socialement développée, avec les travailleurs comme protagonistes de la transformation sociale.
Initiative Communiste : Quel est l’état de la bataille pour le développement des idées communistes et marxistes-léninistes au Brésil ?
Edmilson Costa – La bataille autour des idées communistes au Brésil est avant tout une intense lutte de classes sur le terrain idéologique. Comme dans pratiquement tous les pays capitalistes, la bourgeoisie cherche à présenter le capitalisme comme la seule forme possible d’organisation de la société, tout en associant le socialisme à des représentations caricaturales d’expériences prétendument vouées à l’échec ou à des interprétations déformées de son histoire. Au Brésil, cette bataille est encore plus inégale, car les grands groupes économiques contrôlent l’immense majorité des médias et exercent une forte influence sur le système éducatif privé, les plateformes numériques et différents appareils de formation de l’opinion publique. L’objectif de la bourgeoisie est de dépolitiser la classe travailleuse et de l’empêcher de comprendre les causes structurelles de l’exploitation et des inégalités.
Paradoxalement, la profonde crise du capitalisme a créé de nouvelles possibilités pour la diffusion des idées marxistes. La précarisation du travail, le poids croissant de la rente dans l’économie, l’aggravation des inégalités, la crise environnementale, les guerres et la progression de l’extrême droite conduisent un nombre croissant de jeunes et de travailleurs à remettre en question les promesses du néolibéralisme. Par rapport à la situation d’il y a deux ou trois décennies, on constate aujourd’hui un intérêt beaucoup plus important pour l’étude de Marx, Engels, Lénine et d’autres penseurs marxistes, notamment parmi les étudiants, les chercheurs, les travailleurs précarisés et les secteurs de la jeunesse qui cherchent à comprendre un monde marqué par des crises économiques et géopolitiques successives.
Dans ce contexte, le Parti Communiste Brésilien considère que sa principale tâche consiste à transformer cet intérêt croissant en une organisation politique consciente. C’est pourquoi nous menons un travail permanent de formation théorique et d’intervention pratique auprès de nos militants. Nous agissons à travers nos organes de communication, nos activités de formation politique, notre présence militante dans les universités, les syndicats, les mouvements populaires, sur les lieux de travail et dans les quartiers. Nous considérons qu’un parti révolutionnaire ne peut se limiter à la participation électorale : il doit être quotidiennement présent dans les luttes concrètes de la classe travailleuse et contribuer à élever son niveau d’organisation et de conscience politique.
La formation marxiste occupe une place centrale dans cette stratégie. Le PCB considère qu’un militant disposant d’une solide préparation théorique et politique est mieux armé pour interpréter la réalité concrète, affronter l’offensive idéologique des classes dominantes et construire, aux côtés des travailleurs, des alternatives politiques. Pour nous, la théorie et la pratique constituent une unité indissociable. Le marxisme-léninisme ne doit pas être compris comme un ensemble de formules dogmatiques, mais comme une méthode vivante d’analyse de la réalité et d’orientation de l’action politique face aux transformations du capitalisme contemporain.
Dans le même temps, nous sommes conscients que cette bataille dépasse les frontières du Brésil. La progression des forces autoritaires, la concentration du pouvoir économique entre les mains des grandes entreprises et l’offensive du capital financier sont des phénomènes mondiaux qui exigent des réponses elles aussi internationales. C’est pourquoi nous considérons comme fondamental de renforcer la coopération entre les partis communistes, les mouvements ouvriers et les forces anti-impérialistes des différents pays. La reconstruction de l’influence des idées socialistes dépendra non seulement de la critique du capitalisme, mais aussi de notre capacité à présenter aux travailleurs une alternative concrète de transformation révolutionnaire de la société.
Initiative Communiste : Comment le Parti mène-t-il la lutte pour la défense de Cuba et, plus largement, aux côtés des forces révolutionnaires en Amérique latine ?
Edmilson Costa – La solidarité internationale constitue l’un des principes historiques du Parti communiste brésilien. Depuis la victoire de la Révolution cubaine en 1959, le PCB a toujours exprimé son soutien inconditionnel au peuple cubain, au gouvernement cubain, au Parti communiste de Cuba et au droit de l’Île rebelle de construire souverainement son propre projet de société, sans blocus économique, sanctions ni aucune forme d’ingérence extérieure. Pour nous, la défense de Cuba ne se limite pas à une question d’affinité politique : il s’agit de défendre le principe de l’autodétermination des peuples et le droit de chaque nation à choisir librement son propre destin.
Depuis plus de six décennies, Cuba a démontré qu’il était possible de résister à l’une des politiques de blocus économique les plus longues et les plus sévères de l’histoire contemporaine. Malgré les immenses difficultés imposées par les sanctions des États-Unis, la Révolution cubaine a réalisé d’importantes avancées dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la science et de la coopération internationale. L’internationalisme cubain, qui s’est notamment exprimé par l’envoi de médecins, d’enseignants et de professionnels de santé dans des dizaines de pays, est devenu une référence pour tous ceux qui défendent un ordre international fondé sur la solidarité et la coopération mutuellement avantageuse entre les peuples, et non sur la logique de la domination impériale.
Au Brésil, le PCB participe activement aux initiatives de solidarité avec la Révolution cubaine. Nous sommes présents dans les organisations de solidarité avec Cuba et dans les campagnes pour la levée du blocus économique ; nous organisons des débats publics, des activités de formation politique et des initiatives culturelles destinées à faire connaître l’expérience cubaine. Cette année, à l’occasion du centenaire de la naissance du commandant Fidel Castro, nous publions à Rio de Janeiro un ouvrage collectif en son hommage, réaffirmant ainsi notre reconnaissance de sa contribution à la lutte anti-impérialiste et à l’émancipation des peuples d’Amérique latine et du monde.
Notre solidarité s’étend également aux autres forces révolutionnaires, populaires et anti-impérialistes d’Amérique latine et des Caraïbes. Nous considérons que les défis auxquels sont confrontés les peuples de la région sont communs : la dépendance économique, l’ingérence des grandes puissances, l’offensive du capital financier, les tentatives de déstabilisation politique et la progression de l’extrême droite. C’est pourquoi le PCB participe aux espaces d’articulation et de coopération entre partis communistes et organisations populaires, en cherchant à renforcer la résistance commune aux différentes formes de domination impérialiste.

O Partido Comunista do Brasil (PCB) lançou a campanha eleitoral comunista para as eleições presidenciais de 2026 no Brasil. Uma campanha para defender a construção de um poder popular e o socialismo, além da transformação revolucionária do país. Essa candidatura apresenta um forte programa eleitoral. Lula, com 80 anos, anunciou que concorrerá novamente ao cargo, enquanto a extrema direita liderada por Bolsonaro e seus aliados — braço armado do imperialismo americano — intensifica os ataques.
O jornal Iniciativa Comunista, francamente comunista, está muito feliz em poder fazer algumas perguntas aos camaradas do PCB para que os trabalhadores da França possam melhor compreender a situação do Brasil e os desafios das lutas de classes, antiimperialistas e revolucionárias que lá são travadas.
Initiative Communiste – Qual é a situação do Brasil sob o ponto de vista da contradição capital-trabalho na véspera dessa eleição?
Edmilson Costa – O Brasil chega a esta eleição marcado por uma profunda contradição entre a enorme riqueza produzida pelo trabalho e a extrema desigualdade social que caracteriza o capitalismo subordinado brasileiro. Trata-se de um país que dispõe de vastas terras agricultáveis, abundância de água, energia, biodiversidade, minérios estratégicos, 21% das terras raras do mundo e uma das maiores economias do planeta. No entanto, essa riqueza permanece concentrada nas mãos de uma pequena elite econômica e financeira, enquanto milhões de trabalhadores vivem em condições precárias. Essa realidade não é um acidente histórico, mas o resultado de séculos de dominação das oligarquias nacionais associadas ao capital internacional, que sempre impediram a participação efetiva do povo nas decisões econômicas e políticas.
Nas últimas três décadas e meia, a implantação do neoliberalismo aprofundou dramaticamente essa contradição entre capital e trabalho. Privatizações, desregulamentação econômica, contrarreformas trabalhista e previdenciária, arrocho salarial e políticas permanentes de austeridade transferiram uma parcela crescente da riqueza social para o sistema financeiro. Enquanto os trabalhadores perderam direitos históricos e enfrentaram a deterioração das condições de vida, a oligarquia financeira ampliou seus privilégios por meio da apropriação do fundo público, especialmente através do pagamento de juros da dívida pública, transformando o Estado em um instrumento de transferência permanente de renda para o grande capital.
As consequências sociais desse modelo são devastadoras. O mercado de trabalho brasileiro tornou-se um dos mais precarizados entre as grandes economias industriais. Apenas cerca de 38% dos trabalhadores do setor privado possuem emprego formal, enquanto aproximadamente 39 milhões sobrevivem na informalidade, sem estabilidade, direitos ou proteção social. Ao mesmo tempo, cerca de 70% da força de trabalho recebe, no máximo, dois salários mínimos (cerca de US$ 600), evidenciando um modelo baseado na superexploração da mão de obra para garantir elevadas taxas de lucro ao grande capital nacional e internacional. A pobreza permanece estrutural: cerca de 49 milhões de brasileiros dependem de um programa de transferência de renda, o Bolsa Família, equivalente a aproximadamente 130 dólares mensais para garantir sua sobrevivência.
Essa realidade social também revela os limites da soberania nacional. A dependência econômica construída ao longo das últimas décadas fortaleceu a influência do imperialismo sobre setores estratégicos da economia brasileira, ampliando a vulnerabilidade do país diante das disputas geopolíticas internacionais. Nesse contexto, as declarações de Donald Trump sobre transformar a América Latina em nosso hemisfério e se apossar dos recursos estratégicos da região, expressam uma concepção histórica de dominação, que se aprofundou no governo Trump. Elas representam a tentativa de reafirmar a hegemonia dos Estados Unidos sobre uma região rica em recursos naturais estratégicos, energia, alimentos e minerais críticos, justamente quando essa hegemonia enfrenta sinais crescentes de declínio no cenário internacional.
Diante desse quadro, o fortalecimento do movimento antimperialista torna-se uma necessidade histórica não apenas para o Brasil, mas para toda a América Latina. A resistência aos projetos de recolonização econômica e política exige maior integração entre os povos latino-americanos, solidariedade internacional e unidade e mobilização das forças populares em defesa da soberania nacional e popular, dos direitos sociais e da autodeterminação dos povos. Para os trabalhadores, essa luta possui um significado comum: enfrentar um sistema que concentra riqueza, destrói direitos e subordina as nações periféricas aos interesses do grande capital financeiro internacional. A emancipação dos povos dependerá da capacidade de construir uma ampla frente internacional de resistência ao imperialismo e às políticas neoliberais que alimentam a desigualdade, a guerra e a exploração em escala global.
Initiative Communiste – Complementarmente, qual é a situação do movimento antimperialista frente aos projetos de Trump de se apropriar de toda a América (“nosso hemisfério”)?
Edmilson Costa – O Partido Comunista Brasileiro (PCB) vem alertando, há muitos anos, que o governo brasileiro não pode alimentar qualquer ilusão em relação ao imperialismo estadunidense. A história demonstra que o imperialismo não possui aliados permanentes nem relações de amizade entre Estados: possui apenas interesses econômicos, estratégicos e geopolíticos. A política externa dos Estados Unidos, independentemente do governo de turno, sempre buscou preservar sua hegemonia sobre a América Latina, recorrendo à pressão diplomática, à guerra econômica, ao apoio a forças conservadoras e, quando necessário, à desestabilização política de governos que contrariem seus interesses.
Quando Donald Trump e Lula afirmavam que existia uma “química” entre eles, novamente advertimos que essa aproximação representava uma armadilha política. Os fatos confirmaram essa avaliação. Hoje, o governo Trump conduz uma ofensiva aberta contra o Brasil por meio da imposição de tarifas comerciais, da utilização de acusações sem fundamento para justificar medidas de pressão econômica e do apoio explícito às forças da extrema direita brasileira. Essa postura demonstra que, para o imperialismo, mesmo governos relativamente alinhados tornam-se descartáveis quando deixam de servir plenamente aos interesses estratégicos de Washington. Se o governo Lula tivesse compreendido essa lógica de funcionamento imperial, o país estaria hoje em condições muito mais sólidas para defender sua soberania.
Nessas circunstâncias, o PCB defende a construção de uma ampla Frente Antimperialista, capaz de reunir o movimento sindical, os movimentos populares, os movimentos de juventude, os intelectuais comprometidos com a soberania nacional e popular, além de todos os setores democráticos dispostos a enfrentar efetivamente a ofensiva imperialista. Essa frente não deve limitar-se à ação institucional ou parlamentar. Ela precisa constituir um verdadeiro movimento de massas, organizado e permanente, capaz de responder politicamente às tentativas de subordinação econômica, tecnológica e militar do Brasil aos interesses das grandes potências capitalistas.
Para que essa resistência adquira raízes profundas na sociedade, defendemos a criação de Comitês Populares nos locais de trabalho, estudo, moradia e nas comunidades. Esses espaços devem funcionar como instrumentos permanentes de organização, formação política e mobilização popular, fortalecendo a participação direta dos trabalhadores nas decisões que dizem respeito ao futuro do país. A defesa da soberania nacional somente será efetiva quando deixar de ser uma bandeira restrita aos governos e passar a ser uma causa assumida conscientemente pelo povo trabalhador.
Ao mesmo tempo, a luta anti-imperialista somente poderá alcançar vitórias duradouras se estiver inseparavelmente vinculada às reivindicações concretas da classe trabalhadora. Não existe verdadeira independência nacional convivendo com baixos salários, desemprego, precarização do trabalho e concentração extrema da riqueza. A defesa da soberania deve caminhar lado a lado com a ampliação dos direitos sociais, a recuperação do controle público sobre os setores estratégicos da economia e a construção de um projeto de desenvolvimento voltado às necessidades da maioria da população. Essa é a base sobre a qual poderá surgir uma resistência popular capaz de enfrentar os projetos de recolonização da América Latina e afirmar o direito dos povos à autodeterminação.
Initiative Communiste – Há risco de que a direita fascista, do tipo Milei ou Bolsonaro, volte ao poder? Como o Partido combate esse perigo?
Edmilson Costa – Esse risco é real e não deve ser subestimado. A extrema direita brasileira não constitui um fenômeno passageiro nem pode ser explicada apenas pela figura de Jair Bolsonaro. Ela representa uma base política e social consolidada, construída através da influência das classes dominantes, do grande capital e do imperialismo sobre as instituições do Estado e sobre importantes setores da sociedade. Hoje, a extrema-direita está presente no Congresso Nacional, nos governos estaduais e municipais, em parcelas do Judiciário, das Forças Armadas e das polícias, além de encontrar apoio em segmentos das camadas médias e, infelizmente, também em parte da própria classe trabalhadora, atingida por uma intensa ofensiva ideológica promovida pelos grandes meios de comunicação, pelas plataformas digitais e por organizações religiosas conservadoras.
Na avaliação do Partido Comunista Brasileiro, a extrema direita tornou-se hoje a principal expressão política dos interesses do imperialismo no interior do país. Ela atua como uma verdadeira quinta coluna, colocando os interesses estratégicos dos Estados Unidos acima da soberania nacional e popular. Não é casual que, em suas manifestações, sejam frequentemente exibidas bandeiras norte-americanas ou que o ex-presidente Jair Bolsonaro tenha batido continência para a bandeira dos Estados Unidos. O projeto da extrema direita brasileira não consiste apenas em aplicar uma agenda ultraliberal: trata-se de aprofundar a dependência econômica, tecnológica e militar do Brasil, reduzindo ainda mais sua capacidade de decidir soberanamente seu próprio destino, além de aprofundar a superexploração dos trabalhadores.
Mesmo diante das numerosas investigações que envolvem o próprio candidato filho do ex-presidente e importantes dirigentes bolsonaristas em casos de corrupção e de ataques às instituições democráticas, a extrema direita continua preservando uma base eleitoral significativa. As pesquisas de opinião indicam que seu principal candidato mantém o apoio de cerca de 40% do eleitorado nacional, revelando que estamos diante de um fenômeno político estrutural, e não conjuntural. Esse crescimento não pode ser compreendido apenas como resultado de campanhas eleitorais bem-sucedidas. Ele expressa a profunda crise social produzida pelo neoliberalismo, o descrédito das instituições e a capacidade das forças reacionárias de explorar o descontentamento popular por meio da desinformação, do conservadorismo e da manipulação das redes digitais.
Por essa razão, o PCB considera que a luta contra a extrema-direita não pode limitar-se às disputas eleitorais. Evidentemente, impedir sua vitória nas urnas é uma tarefa importante, mas insuficiente. A experiência internacional demonstra que o fascismo e as correntes autoritárias não desaparecem simplesmente após uma derrota eleitoral, pois continuam preservando suas bases econômicas, seus aparelhos ideológicos e sua influência sobre parcelas da sociedade. Combatê-los exige enfrentar as condições materiais que alimentam seu crescimento: a desigualdade, a precarização do trabalho, a perda de direitos sociais e a subordinação dos Estados aos interesses do grande capital financeiro. Somente uma alternativa baseada no poder popular, na participação direta das maiorias sociais e na transformação das estruturas econômicas poderá derrotar de forma duradoura a extrema direita.
Initiative Communiste – Como sua candidatura se diferencia da de Lula? Existem pontos de convergência com ele, por exemplo, em questões como Cuba ou a marcha para uma guerra mundial na Europa ou no Oriente Médio?
Edmilson Costa – A candidatura do PCB procura apresentar aos trabalhadores uma alternativa classista e de transformações sociais distinta das demais candidaturas em disputa. Nosso objetivo é levar ao debate temas que, em nossa avaliação, permanecem ausentes da agenda política brasileira, como o enfrentamento estrutural ao imperialismo, a superação das políticas neoliberais implementadas nas últimas décadas e a necessidade de profundas transformações econômicas, sociais e institucionais. O PCB entende que a crise brasileira não pode ser resolvida apenas por ajustes administrativos ou por mudanças parciais de governo, mas exige um novo projeto de desenvolvimento baseado na soberania nacional, no poder popular e nos interesses da classe trabalhadora.
Nossa avaliação é que muitas das limitações das atuais forças progressistas decorrem de suas alianças políticas e de sua estratégia de conciliação com setores do grande capital. Por essa razão, o PCB defende uma plataforma que propõe a revogação das contrarreformas neoliberais, a recuperação do controle público sobre setores estratégicos da economia, a auditoria da dívida pública, a ampliação dos direitos trabalhistas, a reforma agrária e uma política econômica voltada para as necessidades da maioria da população, Trata-se de um projeto que pretende recolocar a luta de classes no centro do debate político brasileiro.
Nosso programa está sintetizado em cinco grandes eixos de transformação. Defendemos uma profunda reforma política para ampliar a participação popular nas decisões do Estado; uma reorganização da economia, com nacionalização do sistema financeiro e retomada para o setor público das empresas que foram privatizadas; a recuperação e ampliação dos direitos sociais e trabalhistas, incluindo a redução da jornada de trabalho para 30 horas sem redução de salário; recomposição do poder de compra dos salários; proteção dos trabalhadores das plataformas digitais; a estatização de todo o sistema de saúde privado, instituição universal da educação pública, com estatização das instituições de ensino privado; e uma política externa baseada na autodeterminação dos povos, na integração latinoamericana e na solidariedade internacional entre os países que enfrentam sanções, guerras ou outras formas de intervenção externa, especialmente Cuba, Palestina e Irã.
Na política internacional, existem alguns pontos de convergência entre o PCB e o governo Lula. Consideramos positivas posições do governo brasileiro em defesa do multilateralismo, a participação nos BRICS e a rejeição a determinadas pressões unilaterais exercidas pelos Estados Unidos. Também compartilhamos a defesa do fim do bloqueio econômico contra Cuba, o reconhecimento do direito do povo palestino à autodeterminação e a busca por soluções diplomáticas para os conflitos internacionais. Mas posições políticas do governo são apenas retóricas, portanto insuficientes para enfrentar a ofensiva imperial: o PCB defende que a política externa brasileira deve assumir uma postura ainda firme de enfrentamento ao imperialismo, de solidariedade material a Cuba e aos povos submetidos a agressões externas e de oposição à escalada militar que amplia os riscos de conflitos de grandes proporções na Europa e no Oriente Médio.
Acreditamos que as nossas propostas são viáveis porque o Brasil está maduro para o socialismo. Reúne condições objetivas excepcionais para construir um projeto de transformações sociais avançadas. O país possui uma ampla base industrial, enorme disponibilidade de recursos naturais, capacidade científica, abundância de energia, terras férteis, reservas estratégicas de minerais e uma população trabalhadora altamente criativa. Na visão do PCB, essas condições são muito mais favoráveis para as transformações sociais do que aquelas enfrentadas por diversas experiências revolucionárias do século XX, que partiram de um patamar atrasado de forças produtivas. Nossa candidatura busca justamente abrir esse debate perante a sociedade brasileira e demonstrar que existe uma alternativa para transformar o nosso País em uma nação próspera, democrática e socialmente desenvolvida, tendo os trabalhadores como protagonistas da transformação social.
Initiative Communiste – Qual é o estado da batalha pelo desenvolvimento das ideias comunistas e marxistas-leninistas no Brasil?
Edmilson Costa – A disputa pelas ideias comunistas no Brasil é, antes de tudo, uma intensa batalha de classes no terreno ideológico. Como ocorre em praticamente todos os países capitalistas, a burguesia procura apresentar o capitalismo como a única forma possível de organização da sociedade, ao mesmo tempo em que associa o socialismo a experiências caricaturais fracassadas ou a interpretações distorcidas de sua história. No Brasil, essa disputa é ainda mais desigual porque os grandes grupos econômicos controlam a absoluta maioria dos meios de comunicação, exercem forte influência sobre o sistema educacional privado, as plataformas digitais e diversos aparelhos de formação da opinião pública. O objetivo da burguesia é despolitizar a classe trabalhadora e impedir que ela compreenda as causas estruturais da exploração e da desigualdade.
Paradoxalmente, a profunda crise do capitalismo tem criado novas oportunidades para a difusão das ideias marxistas. A precarização do trabalho, o rentismo na economia, o aumento da desigualdade, a crise ambiental, as guerras e o avanço da extrema direita levam cada vez mais jovens e trabalhadores a questionar as promessas do neoliberalismo. Em comparação com duas ou três décadas atrás, há hoje um interesse muito maior pelo estudo de Marx, Engels, Lenin e de outros pensadores marxistas, especialmente entre estudantes, pesquisadores, trabalhadores precarizados e setores da juventude que buscam compreender um mundo marcado por sucessivas crises econômicas e geopolíticas.
Nesse contexto, o Partido Comunista Brasileiro considera que sua principal tarefa é transformar esse interesse crescente em organização política consciente. Por isso, desenvolvemos um trabalho permanente de formação teórica e intervenção prática da nossa militância. Atuamos por meio de nossos órgãos de comunicação, de atividades de formação política, da presença militante nas universidades, nos sindicatos, nos movimentos populares, nos locais de trabalho e nos bairros. Entendemos que um partido revolucionário não pode limitar-se à participação eleitoral: ele deve estar inserido cotidianamente nas lutas concretas da classe trabalhadora, contribuindo para elevar seu nível de organização e de consciência política.
A formação marxista ocupa um lugar central nessa estratégia. O PCB considera que um militante bem preparado do ponto de vista teórico e político possui melhores condições para interpretar a realidade concreta, enfrentar a ofensiva ideológica das classes dominantes e construir alternativas políticas junto aos trabalhadores. Para nós, teoria e prática constituem uma unidade inseparável. O marxismo-leninismo não deve ser compreendido como um conjunto de fórmulas dogmáticas, mas como um método vivo de análise da realidade e de orientação da ação política diante das transformações do capitalismo contemporâneo.
Ao mesmo tempo, temos consciência de que essa batalha ultrapassa as fronteiras do Brasil. O crescimento das forças autoritárias, a concentração do poder econômico nas grandes corporações e a ofensiva do capital financeiro são fenômenos globais que exigem respostas igualmente internacionais. Por isso, consideramos fundamental fortalecer a cooperação entre os partidos comunistas, os movimentos operários e as forças anti-imperialistas de diferentes países. A reconstrução da influência das ideias socialistas dependerá não apenas da crítica ao capitalismo, mas também da capacidade de apresentar aos trabalhadores uma alternativa concreta de transformação revolucionária da sociedade.
Initiative Communiste – Como o Partido conduz a luta pela defesa de Cuba e, mais amplamente, com as forças revolucionárias na América Latina?
Edmilson Costa – A solidariedade internacional constitui um dos princípios históricos do Partido Comunista Brasileiro. Desde a vitória da Revolução Cubana, em 1959, o PCB tem manifestado seu apoio incondicional ao povo cubano, ao governo cubano, ao Partido Comunista de Cuba e ao direito da Ilha Rebelde construir soberanamente seu próprio projeto de sociedade, sem bloqueios econômicos, sanções ou qualquer forma de ingerência externa. Para nós, a defesa de Cuba não se limita apenas a uma questão de afinidade política: trata-se da defesa do princípio da autodeterminação dos povos e do direito de cada nação escolher livremente seu próprio destino.
Ao longo de mais de seis décadas, Cuba demonstrou que é possível resistir a uma das mais longas e severas políticas de bloqueio econômico da história contemporânea. Apesar das enormes dificuldades impostas pelas sanções dos Estados Unidos, a Revolução Cubana construiu importantes conquistas nas áreas da saúde, da educação, da ciência e da cooperação internacional. O internacionalismo cubano, expresso no envio de médicos, professores e profissionais de saúde a dezenas de países, transformou-se em uma referência para todos aqueles que defendem uma ordem internacional baseada na solidariedade e na cooperação mutuamente vantajosa entre os povos e não na lógica da dominação imperial.
No Brasil, o PCB participa ativamente das iniciativas de solidariedade à Revolução Cubana. Estamos presentes nas organizações de solidariedade a Cuba e nas campanhas em defesa do fim do bloqueio econômico, promovemos debates públicos, atividades de formação política e iniciativas culturais voltadas à divulgação da experiência cubana. Neste ano, por ocasião do centenário de nascimento do comandante Fidel Castro, estamos lançando no Rio de Janeiro uma obra coletiva em sua homenagem, reafirmando o reconhecimento de sua contribuição à luta antiimperialista e à emancipação dos povos da América Latina e do mundo.
Nossa solidariedade estende-se também às demais forças revolucionárias, populares e antimperialistas da América Latina e do Caribe. Consideramos que os desafios enfrentados pelos povos da região são comuns: a dependência econômica, a ingerência das grandes potências, a ofensiva do capital financeiro, as tentativas de desestabilização política e a ação crescente da extrema direita. Por essa razão, o PCB participa dos espaços de articulação e cooperação entre partidos comunistas e organizações populares, buscando fortalecer a resistência comum às diversas formas de dominação imperialista.
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