Acte III : une mobilisation massive malgré la répression, vers le 5 novembre et la grève générale

Ce samedi 31 octobre 2026, l’« acte III » de la mobilisation contre la vie chère, lancé dans le sillage du mouvement lycéen et étudiant, a rassemblé des centaines de milliers de personnes dans toute la France. Selon l’intersyndicale de la jeunesse (Union étudiante, Fage, Unef, USL), plus d’un demi-million de manifestants ont défilé, dont 200 000 à Paris. En réalité c’est probablement bien, plus, sans doute encore proche du million, au regard du décompte que la rédaction d’Initiative Communiste a pu faire de la manifestation à Paris : 320 000 manifestants environ, dans une manifestation épique, de 4,2 kilomètre de long, 3,5 heures, et près de 20 ha !
Le ministère de l’Intérieur Nunez qui s’est vanté hier que ses policiers jette une grenade sur une mère de famille et ses deux jeunes enfants dans le centre de Rouen, a lui affiché des chiffres d’un niveau mensonger ridicule. Il a comptabilisé 320 000 au niveau national (70 000 dans la capitale). Il s’agit ici d’alimenter la propagande médiatique suivante d’une mobilisation en baisse, afin de faire baisser la dynamique du 5 novembre ou le régime craint l’intensification de la lutte des classes et d’un rapport de force bien plus puissant par la grève générale. C’est bien pour celà qu’il a essayé par tous les moyens (en piétinant pour cela, l’Etat de droit et les règles les plus élémentaires de la démocratie pour plonger encore d’avantage dans un état autoritaire, policier, de pré fascisme, de pré dictature : interdictions de manifester sur des villes entières, restrictions de parcours, fermetures de transports en commun et dispositif policier massif de 70 000 agents ayant ordre « d’impacter » c’est à dire violenter les français.
Mais le régime est en échec, face à l’unité de classe de la Nation contre les exploiteurs et les racistes : c’est drapeau français en main et en chantant la Marseillaise que la jeunesse mène les manifestations. Chacun voit bien ici que ce sont les macron, les le pen aux ordres de l’Union Européenne et des milliardaires qui sont les casseurs de France, que c’est eux qui violentent la France des travailleurs.
De fait, le mouvement s’est élargi : en réponse à l’attentat raciste d’extrême droite commis par un sympathisant du RN gorgé de la haine raciste diffusée par Cnews &cie, des rassemblements antifascistes et antiracistes ont eu lieu partout en France le 30 octobre.
Le 30 octobre 2026, place des Merisiers à Trappes, plusieurs milliers de personnes — environ 12 000 selon les organisateurs et la mairie — se sont rassemblées une semaine après l’attentat terroriste raciste du 23 octobre, qui a tué Pengo Bossio Wangi, 26 ans, et blessé sept personnes, dont une fillette à La Verrière. À l’appel du maire Ali Rabeh (Génération.s), ce rassemblement contre le racisme, l’islamophobie et les discours de haine a pris une dimension politique forte. Le maire a dénoncé le Rassemblement national et des médias, en particulier CNews (groupe de Vincent Bolloré), accusés d’« empoisonner les esprits » par la répétition de propos stigmatisant les populations noires, maghrébines ou musulmanes et les quartiers populaires. Des pancartes et des interventions ont pointé le rôle des chaînes d’information continue dans la banalisation de ces discours. Dans ce climat, et alors qu’une victime a porté plainte contre Marine Le Pen, Jordan Bardella et CNews, des voix ont réclamé un durcissement de la loi de 1881 sur la liberté de la presse pour mieux sanctionner l’incitation à la haine raciale — déjà un délit —, notamment les théories du « grand remplacement ». Des critiques ont également visé d’autres antennes, comme BFMTV (groupe lié à Rodolphe Saadé), accusées de laisser prospérer des propos décomplexés. Le rassemblement s’est conclu dans une ambiance grave, avec une minute de silence et La Marseillaise, soulignant le lien établi par de nombreux participants entre la violence de l’attentat et la diffusion médiatique de paroles racistes.
La France des travailleurs prend la rue, prépare la grève générale
À Paris, le bras de fer judiciaire a atteint un sommet. Le tribunal administratif avait autorisé, vendredi soir, le parcours traditionnel Bastille-Nation condamnant par des arguments de droit les plus solide la voie de fait contre la liberté fondamentale de manifester commise par le représentant de l’Etat. Dans la nuit, le Conseil d’État a annulé cette décision à 3h du matin. Sur le fondement d’une note blanche du renseignement (non signé, non étayée) cet organe nommé par le président en conseil des ministre a validé l’itinéraire imposé par la préfecture : de la porte de Bagnolet à la porte de Charenton, sur les boulevards des Maréchaux, loin du centre. Des dizaines de stations de métro et RER ont été fermées. Le cortège s’est élancé dans une ambiance festive, avec des déguisements d’Halloween. En l’absence de policiers visibles, les tensions ne sont apparues qu’en fin de parcours près de la porte de Charenton (jets de projectiles après une provocation causé par les journalistes d’extrême droite de Frontière protégé par le cordon policiers, qui en ont profité pour un usage massif de gaz lacrymogène contre la centaines de milliers de manifestant arrivant sur ce lieu de dispersion exigue et nassé. C’est dans ce climat de tension qu’un cocktail Molotov a été jeté sur un barrage policier nassant les sorties permettant la dispersion de la manifestation. Dans de nombreuses grandes villes, les rassemblements ont été interdits ou sévèrement restreints. À Toulouse, les manifestations non déclarées ont été prohibées dans le centre-ville. À Marseille, aucun parcours déclaré n’a été validé, ; un rassemblement non déclaré a néanmoins rassemblé des dizaines de milliers de personnes qui emmené par l’UL CGT du centre ville (en l’absence de l’union départementale) a largement parcouru la ville. Avant à l’initiative des jeunes de poursuivre en cortège libre, évitant les barrages policiers. Cependant des affrontements à la suite de charges policières ont ternis la fin d’après midi, et menacé l’immense carnaval populaire convoqué à la Plaine, haut lieu des fêtes populaire marseillaise. À Nantes, de larges périmètres du centre ont été fermés aux rassemblements. À Lyon, un vaste arrêté a interdit manifestations et attroupements dans la Presqu’île, le Vieux-Lyon et des secteurs des 3e, 6e et 7e arrondissements, tandis qu’un seul cortège a été autorisé hors hypercentre (Manufacture des Tabacs vers Jean-Macé). Les transports en commun ont été réduits ou interrompus sur certaines lignes. Des habitants ont signalé des difficultés d’accès liées aux barrages. Des tensions ont éclaté à la dispersion (gaz lacrymogène). Des scènes similaires de fin de cortège ont été rapportées à Grenoble et ailleurs.Ces restrictions sont prétendument justifiées par le régime Macron sous les applaudissements de Le Pen et de ses syndicats policiers d’extrême droite par les risques de dégradations et de pillages observés le 17 octobre : de fait ces désordres sont la responsabilités exclusives du régime, comme l’ont démontré les enquêtes journalistiques pointant la stratégie policières qui a permis ces pillages le 17 octobre. Ils sont dénoncés par les organisateurs et une partie des participants comme une atteinte au droit de manifester. Les cortèges principaux se sont souvent déroulés dans le calme avant les affrontements en marge, impliquant des groupes plus radicaux, dont le nombre est infime au regard du millions de manifestants en action.
Ce qui frappe, au-delà des chiffres, est la convergence des revendications. Les lycéens et étudiants, à l’origine du mouvement lancé mi-septembre contre les conditions d’études, Parcoursup, le manque de moyens et le bâti dégradé, ont été rejoints par de nombreux travailleurs, syndicats et Gilets jaunes. Un même cri traverse les cortèges : contre la précarité, l’austérité et ce que beaucoup décrivent comme une dérive autoritaire. Les organisations lycéennes et étudiantes appellent à bloquer lycées et universités les 3 et 5 novembre. Le 5 novembre, l’intersyndicale des travailleurs a appelé à la grève, avec l’ambition affichée d’en faire une grève générale reconductible.
Malgré les annonces gouvernementales (plafonnement de classes, places supplémentaires dans le supérieur, perspective de réforme de Parcoursup d’ici 2028), les organisations jugent les réponses insuffisantes. Au contraire, ces premiers recul du régime démontre que le pouvoir est sur le point de céder. Il l’aurait déjà fait si il n’était pas sous la pression budgétaire de Bruxelles et de l’Euro. Car c’est d’abord à la commission européenne, son semestre européen, et à la Banque centrale européenne – c’est à dire aux milliardaires – que le gouvernement Lecornu rend des comptes. Et non plus au peuple français. 5% du PIB pour la guerre, des centaines de milliards pour les multinationales, étrangler les salaires, saccager les services publics, privatiser les entreprises publiques, provoquer les délocalisations des usines et le dumping contre l’agriculture paysanne ? c’est cela les ordres de Bruxelles. Donc pour les imposer à une Nation, la France, qui dit non dans la rue à l’initiative de sa jeunesse, c’est par la matraque et les grenades de sa police politique que ces portes flinges de l’Union Européenne et de l’OTAN répondent. Sous les vivas du Rhaine, des Le Pen et Bardella qui sont les premiers soutiens à l’assemblée nationale du gouvernement lecornu, ces parlementaires RN qui rappelons le ont voté contre l’augmentation du salaire minimum et des salaires.
La solution est connue pour gagner. Mettre en avant des mots d’ordres solides, ce qui passe par la dynamisation de ces manifestations massives par des slogans permettant de porter offensivement les revendications vers la victoire (suppression de parcoursup, de la réforme Blanquer du Lycée, de mon master, 10 milliards pour l’éducation, une augmentation générale des salaires, et du point d’indice pour rattraper et s’indexer a minima sur l’inflation). Et élever le rapport des forces en bloquant les profits par la grève générale.
Dans un contexte de rentrée post-vacances de la Toussaint et de tensions sociales accumulées, l’acte III confirme que la rue reste un levier, même lorsque les parcours sont relégués en périphérie et les centres-villes sanctuarisés. La suite se jouera dans les établissements scolaires et universitaires, et dans la capacité des syndicats à transformer l’appel du 5 novembre en grève reconductible.
A nouveau, ce 31 octobre, les militantes et militants communistes étaient présentes et présents en nombre dans la rue. De Nice à Montpellier, de Lille à Paris, de Nîmes à Bordeaux, de Lyon à Albi… Toujours plus nombreux puisque ces dernières semaines, des dizaines de demande d’adhésions sont acceuillies.
Oui en ces temps de luttes, il est urgent et surtout utile pour tous ceux qui hésitaient encore hire : adhérez au PRCF ! C’est le meilleur des engagements politiques pour être l’avant garde pour gagner cette lutte, et engager 2027 sous les meilleures des dynamiques, antifascistes, pacifiste, progressiste, populaire. Celle de la victoire de la France des travailleurs.
Entre 300 000 et 350 000 à Paris : notre décompte scientifique
Les images des journalistes indépendant Clément Lanot (CLPress) et d’autres ont démontré un parcours de manifestation très dense et compact dès 14h 14h30 entre Porte de Bagnolet (compétement saturé) et au delà de Porte de Montreuil. Florence Aubenas, reporter pour Le Monde indique un départ de la tête de cortège officiel de la porte de Bagnolet entre 14h et 14h15. A 15h53 elle écrit : « Le long du parcours autorisé, à Paris, les forces de l’ordre sont présentes, mais remarquablement invisibles. Le cortège marche d’un bon pas, soleil en pleine face, sous les sifflets et les chants, dans une ambiance calme. On ne voit plus le début du cortège, on n’en voit plus la fin non plus. On ne voit plus la chaussée, plus les trottoirs. Une foule immense à tout recouvert. » Toujours selon Le Monde, la tête du cortège arrive à porte de Charenton à 16h11, soit en deux heures de parcours. A 18h elle témoigne que le cortège continue à arriver à porte de Charenton. D’après des images diffusées en direct par BFM-TV alors que la tête du cortège arrive porte de Charenton à 16h, Le Monde a constaté que certains partaient encore, à peine, de porte de Bagnolet et qu’il y reste « encore de très nombreux manifestants en train de défiler ».
Cela nous permet en considérant l’ensemble des manifestants ayant emprunté le parcours de manifestation à la sortie de la porte de bagnolet et la durée de la manifestation à cet endroit le nombre de manifestant.
- largeur du boulevard des maréchaux : 39 mètres
- durée de la manifestation : environ 3h ( de 14h à 17h00 environ à Porte de Bagnolet)
- débit de manifestants : de 41 à 70 manifestants par minutes et par mètre de largeur du boulevard, soit une moyenne de 55 manifestants/m/min
Il est donc possible d’estimer le nombre de manifestants à Paris :
- minumum : 2 heures (soit 120 minutes) : 120 x 39 x 41 = 191 880 manifestants
- mediane : 2h 45 soit 165 minutes : 165 x 39 x 50 = 321 750 manifestants
- maximum : 3 heures (soit 210 minutes) : 180 x 39 x 60 = 421 200 manifestants
Au total, l‘estimation raisonnable et scientifique du nombre de manifestants – hors manifestants dans les autres cortèges parisiens – est de 300 000 à 320 000 manifestants

![#17octobre : la France des travailleurs dans la rue, des millions en colère [ Reportage ]](https://initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2026/10/20261017-marseille-gilesjaunes-lyceens-13-350x250.jpg)

![#17octobre : la France des travailleurs dans la rue, des millions en colère [ Reportage ]](https://initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2026/10/202610-manifestation-lyceenne-montpellier-PRCF34-2-350x250.jpg)
![31 octobre, 5 novembre : des slogans puissants et offensifs pour faire gagner les manifestations [Grève Générale !]](https://initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2026/10/20261031-slogans-manifestations-greve-generale-120x86.jpeg)

