
Abonnez vous à Initiative Communiste : cliquez ici
Internationalisme prolétarien et patriotisme républicain, même combat !
Par Georges Gastaud, directeur politique d’Initiative communiste
Au propre comme au figuré, la France et la planète brûlent par la faute d’un capitalisme exterministe qui détruit à la fois les conquêtes populaires, la paix mondiale et l’environnement. Incendies monstrueux, canicules sans fin, austérité perpétuelle, marche à la guerre mondiale sous l’égide de l’hégémonisme euro-americain : tel est le bilan d’un système qui place le profit au-dessus du vivant. Face à ce processus suicidaire, deux leviers révolutionnaires doivent être articulés: le patriotisme populaire et républicain, héritage de la Révolution française et des luttes antinazies, et un internationalisme prolétarien de nouvelle génération,indispensable pour sauver la paix mondiale et jeter bas le grand capital à l’échelle mondiale.
Sortir de l’UE pour reconstituer la souveraineté du peuple
Pour rétablir les acquis sociaux et la souveraineté française, il faut sortir de l’Union européenne, qui n’est qu’un outil du capital pour museler les peuples et les entraîner à la guerre derrière l’empire américain décadent. L’UE, structure oligarchique et néolibérale, a démantelé les services publics, brisé le « produire en France », imposé l’austérité et transformé les États en simples relais de l’OTAN. Ce n’est pas un hasard si les mêmes forces qui défendent l’UE, y compris « à gauche », sont celles qui soutiennent, à quelques bémols hypocrites près, les guerres impérialistes et la destruction des droits sociaux.
C’est pourquoi, en tant qu’il s’oppose sans merci au nationalisme xénophobe des Le Pen et autre Retailleau, mais aussi au supranationalisme de Macron, Lecornu et Glucksmann, le patriotisme populaire hérité des Soldats de l’An II, des Communards et des FTP communistes, est une arme révolutionnaire. Ce patriotisme n’est pas celui du rejet de l’autre, mais celui de la défense des conquêtes sociales, de la laïcité et de la République une et indivisible face aux diktats de Bruxelles, de Berlin et de Washington. Il faut que revive l’union de combat de cette France populaire qui fit 1793, qui résista aux nazis et qui construisit l’État social moderne en soutenant le CNR et les énergiques ministres communistes de 1945, les M. Thorez, A. Croizat, M. Paul et autre F. Joliot-Curie.
Internationalisme prolétarien contre exterminisme capitaliste
Pour marcher sur ses deux jambes, l’alternative révolutionnaire doit aussi raviver l’internationalisme prolétarien, car jamais le prolétariat mondial n’a été si nombreux. C’est nécessaire pour combattre l’exterminisme capitaliste ; les BRICS ne sauraient y suffire. Si ces États de nature très diverse représentent une force importante, ils restent traversés par des contradictions de classe et ne peuvent incarner en l’état l’alternative socialiste mondiale.
Il est donc heureux que, dans la dernière période, le PRCF entre, comme jamais, de plus en plus en dialogue avec les combatifs PC russe, brésilien, allemand, suisse, cubain, etc. En témoigne le numéro Spécial d’I.C. intitulé « Pour la paix, l’internationalisme communiste ». Pour sa part, le PRCF considère que le moment approche d’ouvrir le débat sur une nouvelle Internationale Communiste et Ouvrière (I.C.O.) succédant au Komintern, qui fut dissout en 1943 dans des circonstances très particulières. Cette Internationale de nouvelle génération devra porter les tâches de notre époque avec la visée d’un socialisme-communisme de notre temps, seul à même, sans rien renier du socialisme de première génération, de donner le pouvoir aux peuples et d’entreprendre la tâche gigantesque de défendre la vie en sauvant la paix mondiale, en activant la coopération internationale et en reconstruisant l’environnement détruit par la course au profit. Et cela peut de moins en moins attendre !
Cette dialectique entre patriotisme populaire et internationalisme prolétarien est incontournable. Sans souveraineté, les peuples ne peuvent décider de leur destin ; sans solidarité internationale, aucune révolution ne peut longtemps survivre dans un monde écrasé par le capital globalisé. La France des travailleurs devra donc à la fois reconquérir son indépendance et tendre la main aux prolétaires du monde entier pour les appeler à construire ensemble un avenir socialiste et écologiquement soutenable.





