
Le siège médiéval, veritable génocide et crime contre l’Humanité s’est resserré. En trois mois, Washington a franchi une étape nouvelle dans la guerre économique contre Cuba : le blocus ne vise plus seulement l’État, il frappe désormais les acteurs privés, entreprises et particuliers, que la Maison-Blanche prétendait pourtant « soutenir ». Parallèlement, la Garde côtière états-unienne a intercepté deux navires transportant du carburant vers l’île, dont l’un a été escorté jusqu’au port mexicain de Progreso. À New York, lors du débat général de la 81e Assemblée générale, quarante-trois interventions ont exigé la levée de ce châtiment collectif. Les États-Unis et Israël restent isolés, quoi que la voix de la France et de l’Europe sont silencieuses et de fait complice du crime. De fait, Cuba envahie, demain ce sera les Antilles françaises, la Guyanne qui passeront sous occupation US : déjà Trump a publié une carte les plaçant sous son drapeau, et rebaptisant la mer des caraibes mer américaine.
Le 29 septembre 2026, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) a amendé les Cuban Assets Control Regulations. À compter du 30 septembre, les banques soumises à la juridiction américaine ne peuvent plus ouvrir ni maintenir de comptes au nom d’entrepreneurs cubains du secteur privé indépendant. Les fonds existants doivent être bloqués et déclarés, sauf licence spécifique. Les transactions dites « U-turn » — paiements internationaux transitant par des banques américaines sans y débuter ni s’y terminer — sont également prohibées. Les catégories de voyages éducatifs et professionnels sont restreintes. Ces mesures annulent l’ouverture limitée accordée en mai 2024 sous l’administration Biden, qui autorisait certains entrepreneurs cubains à opérer des comptes à distance.
Le président Miguel Díaz-Canel a qualifié la manœuvre d’hypocrisie : Washington exige depuis des décennies une « ouverture » privée, puis sanctionne précisément ce secteur dès qu’il émerge. Les réformes adoptées par le Parlement cubain en juin 2026 — possibilité d’importer sans intermédiaire étatique, d’employer plus de cent salariés, d’accéder à des marchés financiers — se heurtent ainsi à un mur extraterritorial. Le message est clair : aucune respiration économique n’est tolérée tant que le pouvoir politique ne cède pas. Depuis l’Executive Order 14404 de mai 2026, des vagues successives de désignations ont visé élites, banques, entreprises énergétiques et logistiques ; l’extension aux particuliers et aux petites structures prive désormais le tissu non étatique de tout canal dollar.
Sur mer, la même logique d’asphyxie. Le 5 septembre, la Garde côtière a arraisonné le cargo Grace, long d’environ 91 mètres, en mer des Caraïbes entre Cuba et le Mexique. Le navire a été détourné à Progreso, où la marine mexicaine a confirmé d’importantes quantités de carburant dans les ballasts et des conteneurs supplémentaires. Plus tôt dans l’été, un second bâtiment, le Jaira Provider, avait été intercepté avec environ 210 000 gallons de combustible destinés à l’île. Washington présente ces opérations comme la lutte contre un trafic illicite. Pour La Havane et une large partie du Sud global, il s’agit d’un blocus énergétique naval, qualifié d’acte de guerre par le droit international dès lors qu’il interdit par intimidation toute exportation de carburant. Les livraisons historiques du Venezuela ont cessé après janvier 2026 et l’invasion du pays livré par Delcy Rodriguez ; la pression sur le Mexique, dont Pemex a fourni du brut à Cuba, s’est intensifiée. La présidente Claudia Sheinbaum a rappelé que les décisions d’envoi relèvent de la souveraineté mexicaine et du contexte du blocus, sans confirmer la reprise des cargaisons.
À la tribune de l’ONU, l’isolement de Washington a été mesuré. Pendant la semaine de haut niveau de septembre 2026, quarante-trois orateurs ont exigé la fin du blocus. C’est énorme, c’est sans doute l’un des sujets le plus évoqué à la tribune de l’ONU Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a ouvert le débat en dénonçant un « châtiment collectif » imposé à dix millions de personnes par un embargo économique et énergétique illégal. Le président vietnamien Tô Lâm a demandé la levée du blocus, de l’embargo énergétique et le retrait de Cuba de la liste unilatérale des États soutenant le terrorisme. La présidente namibienne Netumbo Nandi-Ndaitwah a parlé de violation flagrante de la souveraineté et de la Charte, appelant à mettre fin au blocus énergétique. La Première ministre barbadienne Mia Amor Mottley a lié la question à la Zone de paix caribéenne et a décrit les souffrances aggravées par les restrictions sur le commerce, la finance et le carburant. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a réaffirmé la solidarité avec le peuple et le gouvernement cubains et a exigé la levée du blocus naval et le retrait de la liste. Le vice-président chinois Han Zheng a appelé le « pays concerné » à cesser immédiatement la menace de la force et à lever les mesures coercitives. Le Premier ministre de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Godwin Friday, a rappelé que l’Assemblée exige depuis plus de trente ans la fin de l’embargo. La ministre gabonaise des Affaires étrangères Marie-Édith Tassyla-Ye-Doumbeneny s’est associée aux appels réitérés à la levée. Grenade a pressé les deux parties de sortir de l’impasse des sanctions.
Le vote sur la résolution traditionnelle « Nécessité de lever l’embargo économique, commercial et financier imposé par les États-Unis d’Amérique contre Cuba » a confirmé la fracture. Selon les comptes rendus de début octobre, le texte a été adopté par une majorité écrasante — les chiffres oscillent entre 187 et 191 voix pour, deux contre (États-Unis et Israël), et une à trois abstentions. Le résultat, non contraignant, mesure l’échec politique d’une politique qui dure depuis 1960 et s’est durcie en 2026 jusqu’à l’interdiction pratique des carburants et au gel des comptes privés.
Le ministre cubain Bruno Rodríguez Parrilla a chiffré les dommages de mars 2025 à février 2026 à 8,083 milliards de dollars, portant le cumul depuis l’origine à 178,7 milliards. Derrière les statistiques : black-out, pénuries de médicaments, chute de la survie au cancer pédiatrique. Le blocus ne « promeut » pas la démocratie ; il organise la pénurie comme levier. La condamnation onusienne, répétée depuis 1992, n’a jamais été aussi nette sur le volet énergétique. Elle laisse un devoir immédiat à chaque femme, à chaque homme libre de notre Humanité : se taire et laisser persister le génocide des cubains en s’en faisant complice, ou agir collectivement pour que chaque peuple chaque pays, en solidarité, brise le blocus de Cuba. En France, nous devons exiger que depuis les Antilles où les français sont voisins des Cubains venus à leur secour durant le Covid, la France livre les biens de nécessité, y compris l’énergie, au peuple frère de Cuba. Brisons le blocus, vive la liberté des peuples et la solidarité internationaliste.
JBC pour www.initiative-communiste.fr
Trump se prépare à une invasion de Cuba
Par Kurt Nimmo (revue de presse : Mondialisation.ca, – 27 septembre 2026)*
Le 21 mai, Marco Rubio s’est exprimé sur le tarmac de l’aéroport de Miami Homestead et a déclaré aux journalistes que Cuba « a été l’un des principaux commanditaires du terrorisme dans toute la région ». Le secrétaire d’État a insisté sur le fait que Cuba constituait une menace pour la sécurité nationale des États-Unis, bien qu’il n’ait fourni aucune preuve à l’appui de cette affirmation.
Rubio a tenu ces propos le jour même où le ministère de la Justice a rendu publique une mise en accusation pour meurtre visant l’ancien président cubain Raúl Castro et où le Commandement Sud des États-Unis a dépêché le groupe aéronaval de l’USS Nimitz dans les Caraïbes.
Cette mise en accusation concerne la destruction en vol par les Cubains d’un avion de l’organisation « Brothers to the Rescue » (Hermanos al Rescate) en 1996. «Brothers to the Rescue» est dirigé par José Basulto et un groupe d’exilés cubains. Basulto a admis dans son témoignage qu’il était un agent de la CIA opposé à Castro.
CBS News a rapporté le 25 septembre que la Réserve de l’armée américaine examinait la possibilité de fournir au Commandement Sud des forces de police, du personnel médical et d’autres unités de soutien au cours des quatre prochains mois, selon un message interne de l’armée.
Bien que le message ne fasse aucune référence à Cuba, cette demande vise à poursuivre la planification militaire axée sur Cuba, selon plusieurs responsables américains qui se sont confiés à CBS News sous couvert d’anonymat, n’étant pas autorisés à s’exprimer publiquement.
Avant la diffusion de ce message de l’armée, les États-Unis avaient mené des opérations de reconnaissance sur les fonds marins et dans les zones maritimes entourant l’île de Cuba. « Par ailleurs, les forces aériennes américaines ont été placées en état d’alerte renforcé et ont reçu l’ordre de prépositionner du personnel en vue d’un déploiement potentiel. Ces plans ne se sont toutefois pas concrétisés », selon CBS.
Cuba est « dans une situation très difficile », avait déclaré Rubio en mai. Il avait averti que les États-Unis étaient prêts à envahir Cuba si et quand Trump en donnerait l’ordre. Le renforcement des effectifs de la marine américaine à l’époque constituait le plus important déploiement en dehors de l’Asie occidentale.
Ces moyens stratégiquement positionnés ont préparé le terrain pour une action militaire, allant de la capture des dirigeants de La Havane – à l’image de l’arrestation de l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro – à une série de frappes de précision. Ils ouvrent également la possibilité que les États-Unis s’engagent dans le troisième conflit international de l’administration Trump.
On estime que les États-Unis auraient besoin de plus de 100 000 soldats pour mener une invasion de Cuba et qu’un appui aérien et naval serait essentiel à la réussite de l’opération. Les Forces armées révolutionnaires cubaines comptent environ 50 000 soldats en service actif et 39 000 réservistes. L’armée américaine n’aurait aucun mal à venir à bout des forces armées cubaines. Cependant, les combats urbains et l’insurrection dans les zones rurales poseraient des défis considérables.
À la suite des propos belliqueux tenus par Trump en début d’année, la Défense civile cubaine a publié un guide de plusieurs pages intitulé « Guide familial pour la protection contre l’agression militaire ».
Ce guide s’appuie sur la doctrine de défense cubaine, baptisée « Guerre de tout le peuple » [(Guerra de todo el pueblo], adoptée après la chute de l’Union soviétique, et prévoit de résister à une invasion étrangère en mobilisant l’ensemble de la population civile par le biais de la guérilla, des milices locales et des réseaux de défense civile.
Cette doctrine résulte de la synthèse entre les campagnes de libération cubaines du XIXe siècle et les enseignements idéologiques tirés des expériences vécues pendant la Guerre froide. Ce concept a constitué la politique officielle de l’État au début des années 1980. Il a été élaboré en réponse à la posture hostile de l’administration Reagan et à la prise de conscience que l’Union soviétique serait incapable ou peu disposée à garantir la sécurité de Cuba en cas de confrontation avec les États-Unis.
« Les principes fondamentaux de cette doctrine partent du principe que, même si un adversaire technologiquement supérieur parvient à établir une domination aérienne et maritime initiale, il ne peut occuper ni pacifier une population universellement armée et organisée pour une résistance perpétuelle », explique Grip Analytics de Ronin.
Les opérations de guérilla nécessiteraient une présence militaire américaine prolongée, ce qui alourdirait les dépenses financières et logistiques liées à l’intervention. L’attaque de Trump contre l’Iran, par exemple, a coûté jusqu’à présent environ 44 milliards de dollars, soit 1 099 dollars par seconde. Le président a indiqué à de nombreuses reprises qu’il ne se souciait ni du coût de sa guerre pour les Américains moyens, ni du coût pour les générations futures qui devront rembourser la dette.
Ce conflit a exercé une pression financière considérable sur les ménages américains, dont le coût est estimé à plus de 1 200 dollars par foyer en raison de la hausse des prix du carburant, de l’inflation et des dépenses militaires. Des analyses indépendantes suggèrent que le coût total pourrait dépasser les 2 000 milliards de dollars si l’on tient compte des dépenses militaires, des coûts du carburant et des répercussions économiques.
En réponse aux critiques, Trump a déclaré que les Américains qui s’inquiètent du coût de sa guerre sont des imbéciles. Un sondage réalisé par YouGov en mai a révélé que 64 % des Américains s’opposent à ce que les États-Unis entrent en guerre contre Cuba, tandis que 15 % y sont favorables et 21 % sont indécis.
Trump et son secrétaire d’État cubano-américain ignorent ou refusent d’admettre qu’une invasion de Cuba se solderait par un échec tant pour les Américains que pour les Cubains, les interventions passées ayant souvent entraîné des conséquences négatives et une instabilité. Les coûts d’une invasion terrestre sont jugés colossaux, ce qui en fait l’option la moins attrayante pour atteindre des objectifs politiques à Cuba.
Si Washington décidait finalement de recourir à la force, préviennent les experts, toute opération visant à renverser le gouvernement cubain se heurterait à des risques militaires, politiques et humanitaires insurmontables, bien pires que ne le laisse entendre la rhétorique de l’administration. « Une guerre à Cuba pourrait déclencher une crise migratoire à seulement 90 miles de la Floride, offrir à d’autres groupes armés l’occasion de tirer parti de l’instabilité et conduire à une occupation militaire américaine prolongée. »
En réponse à une question du journaliste Marc Caputo, Trump a déclaré qu’il était possible que les États-Unis tentent d’enlever Raúl Castro, âgé de plus de 90 ans. Il reste toutefois à voir si Trump et Rubio parviendront à trouver une équivalente cubaine de la Vénézuélienne Delcy Rodríguez, vice-présidente de Maduro, qui avait coopéré avec Trump et son ministère de la Guerre pour faire arrêter Nicolás Maduro sur la base d’accusations douteuses de « narcoterrorisme ».
L’enlèvement de Maduro a constitué une violation du droit international, car il a impliqué le recours à la force militaire contre un autre État sans l’autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU ni motif légitime de légitime défense, selon de nombreux experts en droit international et l’article 2, paragraphe 4, de la Charte des Nations unies.
Kurt Nimmo est journaliste, auteur et analyste géopolitique. Il réside au Nouveau-Mexique, aux États-Unis. Il est chercheur associé au Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Consultez le blog de l’auteur.
*Source et Traduction : Mondialisation.ca
Dirigeants et pays s’étant prononcés contre le blocus à l’Assemblée générale 2026
| Pays | Dirigeant / représentant | Citation |
|---|---|---|
| Brésil | Luiz Inácio Lula da Silva, président | « Le monde observe avec horreur comment un châtiment collectif est imposé à 10 millions de personnes au moyen d’un embargo économique et énergétique illégal. » |
| Vietnam | Tô Lâm, secrétaire général du Parti et président | « Nous demandons aux États-Unis de mettre fin à leur embargo unilatéral, aux sanctions et au blocus énergétique contre Cuba et de retirer ce pays de la liste des sponsors du terrorisme. » |
| Namibie | Netumbo Nandi-Ndaitwah, présidente | « L’embargo économique injustifié contre Cuba — qui a eu des conséquences pour l’économie cubaine et le bien-être de son peuple — doit être levé. Nous appelons à mettre fin au blocus énergétique. » |
| Barbade | Mia Amor Mottley, Première ministre | « Nous sommes profondément préoccupés par l’aggravation des pressions humanitaires qui pèsent sur le peuple cubain. Trop de gens souffrent » du fait des restrictions sur le commerce, la finance et le carburant. |
| Russie | Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères | « Nous réaffirmons notre solidarité avec le peuple et le gouvernement cubains et exhortons les États-Unis à lever le blocus contre l’île de la liberté, à supprimer toutes les restrictions commerciales et à retirer le pays de la liste infâme des États sponsors du terrorisme. » |
| Chine | Han Zheng, vice-président | Appel au « pays concerné » à cesser immédiatement l’usage de la force comme menace contre Cuba et à lever le blocus et les mesures coercitives. |
| Saint-Vincent-et-les-Grenadines | Godwin Friday, Premier ministre | « Depuis plus de trois décennies, cette Assemblée a dit que l’embargo économique imposé à Cuba doit cesser. » |
| Gabon | Marie-Édith Tassyla-Ye-Doumbeneny, ministre des Affaires étrangères | « Le Gabon s’associe aux appels réitérés par de nombreux États en faveur de la levée de l’embargo. » |
| Grenade | Représentant | Exhortation à ce que Cuba et les États-Unis « adressent les défis très difficiles — mais non insurmontables — liés à la fin des sanctions et à la levée de l’embargo et du blocus contre le peuple cubain. » |





