
Déjà 13 enquêtes ouvertes par la police des polices à propos des mutilations subies par de jeunes manifestants victimes de pratiques répressives ignobles. A Lens, un jeune a eu l’avant-bras irréversiblement déchiqueté par une grenade dite de désencerclement qui aurait pu le tuer. Est-ce ainsi que des Compagnies « Républicaines » de Sécurité doivent agir face à des jeunes de 15 ans sans aucune expérience des manifs? Songeons au carnage qui se serait produit en Mai 68 si le préfet de police de l’époque, Maurice Grimaud, n’avait pas donné pour consigne aux policiers, contrairement à ce qu’a fait de nos jours le sinistre couple Lecornu/Nunez, de faire montre de retenue dans l’usage de la force contre les étudiants en manif ?
Il faut savoir que, dans le Lensois comme à Boulogne, le préfet, en totale collusion avec certains « proviseurs » avides de casser la grève lycéenne et d’interdire les convergences profs/élèves, avait interdit lundi tout rassemblement à proximité des lycées, y compris toute « action revendicative » (on se croit en 39!), et que, dans certains établissements lensois, les AG de lycéens (de droit quand les élus lycéens les réclament) étaient interdites et les professeurs confinés dans leur classes (fermées à clé!) sous prétexte d’ « alerte intrusion », un dispositif censément mis en place sous Macron pour combattre les terroristes! Ces agissements dignes du patronat de combat ne pouvaient que conduire à un surcroît de tensions en menant quasi mécaniquement à ce drame absolu qu’est l’amputation sauvage, par une police payée pour protéger la population (et, en particulier, les ENFANTS), d’un ado de 15 ans! Quand la cocotte explose, est-ce la faute de la vapeur d’eau ou celle de l’imbécile qui a vissé le couvercle à fond?
Et voici que maintenant, après dix jours de manifs non écoutées et de répression policière démesurée (déjà plus d’interpellations en deux semaines que durant tout le mouvement Gilets jaunes!), Lecornu octroie enfin un « temps de démocratie » dans les bahuts, bien entendu en encadrant la chose sous la présidence de certains de ces proviseurs qui, ici et là, se sont discrédités par leur attitude flicarde? Dans n’importe quelle démocratie mature, y compris dans une démocratie bourgeoise à l’ancienne, n’aurait-on pas COMMENCE par ce « temps de démocratie »? Quel aveu de désarroi de la part du pouvoir que de concéder enfin (mais on aura compris qu’il s’agit moins d’écouter les lycéens que d’anesthésier le mouvement) un temps de parole, fût-elle étroitement contrôlée et canalisée, aux jeunes en colère! Après combien de membres arrachés et de mâchoires fracassées, de jeunes vies brisées à jamais par ceux qui auraient dû, dès le premier jour, PROTEGER ce qu’un pays a de plus précieux, sa jeunesse?
C’est pourquoi le PRCF et d’autres mouvements réclament les démissions de Nunez et de son brutal préfet du Pas-de-Calais.
Cela ne signifie, ni fermer les yeux sur les violences gratuites perpétrées par des éléments extérieurs au mouvement et que les forces de l’ « ordre » laissent trop souvent agir à leur guise afin de discréditer la lutte (dont la grande bourgeoisie au pouvoir redoute surtout qu’il allume la grève générale à l’approche du 17 octobre appelé par des gilets jaunes à propos du pouvoir d’achat), ni amalgamer l’ensemble des policiersaux barbares qui opèrent dans leurs rangs (certains sont atterrés par la manière dont leur uniforme est sali par certains éléments débridés arborant parfois des insignes fascistes, comme l’a révélé France-Info).
Cela signifie surtout agir partout pour que les travailleurs et les citoyens franchement républicains s’engagent aux côtés de leurs enfants au lieu de maugréer, voire de voter pour des partis racistes, sans rien faire de COLLECTIF pour la paix et le progrès social.
Ne désespérons nullement car le 6 octobre, la réaction massive de la jeunesse a été digne, ferme, pacifique, et soutenue par la majorité des Français, comme l’avait été le mouvement pour les retraites.

Quant aux adhérents du PRCF, ils font leur travail de militants politiques en montrant les causes de la crise scolaire: la politique d’euro-austérité, de guerre, de contre-réformes qui ont détruit le bac national (réforme Blanquer atomisant le groupe classe et rendant impossible la gestion des emplois du temps, Parcours sup portant le coup de grâce au bac national donnant accès à l’Université), tout cela s’opérant sur fond de mise en place d’un Etat fédéral européen antisocial, guerrier et antidémocratique dont Macron espère sans doute devenir le premier président en titre sur les ruines de la paix européenne et de l’indépendance française (oui les lycéens de St-Denis ou de Roubaix ont eu raison de chanter la Marseillaise, cet hymne initialement révolutionnaire!).
En réalité, ne soyons pas dupes: sa volonté de passer en force sur tout, constitution européenne, retraites, code du travail, signe la faiblesse de l’oligarchie capitaliste. On assiste à une crise du « consentement populaire », comme eût dit Gramsci. « Marianne », c’est-à-dire le peuple de France prenant la forme de jeunes filles de toutes « couleurs » et origines chantant la Marseillaise sous le nez des CRS, NE CONSENT PLUS aux grossiers attentats dont elle est la cible. Dès lors le pouvoir oligarchique, hélas accompagné dans ce sens par nombre d’ignobles personnages qui se sont réjouis sur les réseaux de la mutilation de l’ado lensois, est tenté par la fascisation galopante, la marche à l’Europe fédérale et la marche à la guerre: un seul et même processus qui, à l’instigation de l’insatiable Macron, peut même finir par dévoyer ou tuer dans l’oeuf le processus électoral en cours.
Au peuple travailleur, solidaire de sa jeunesse, de répondre par la convergence des luttes pour la justice, la paix et la liberté.



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