Leila Ghanem – Rédactrice en chef de Bada’el
Une bataille houleuse entre princes et pauvres à travers l’Histoire
Tout au long de son histoire le Yémen a vaincu ses envahisseurs. Il fut surnommé « le Yémen heureux », parce qu’il contraste avec le désert immense de l’Arabie, d’où une convoitise doublée d’une haine viscérale, de la part de ses voisins saoudiens.
« Avec sa pauvreté, son « imam », son caractère fier, dévoué, et autosuffisant, rendant vaine toute tentative d’atteindre à sa dignité et sa souveraineté », décrit un récit . « Ces caractères renforcées par la géographie de son territoire et la difficulté de prendre d’assaut ses villes, en particulier sa capitale citadelle Sana’a, dont les habitants souffrent d’un manque d’oxygène ; ce qui explique d’ailleurs l’architecture locale originale et unique au Monde »
Il y a donc une géographie particulièrement rude, presque inaccessible avec ses montagnes rocheuses imposantes, telles des fortifications ; et des vallées profondes. Ceci se répercutant dit-on, sur le tempérament des habitants de ces hauteurs, augmentant leur capacité à résister. « L’ingéniosité du combattant yéménite souvent nu pieds, avec sa petite taille (qui rappelle celle des viet-kongs), le rend souple et insaisissable pour « l’ennemi » pouvant se blottir longtemps dans un trou couvert d’épines, ou sous une pluie diluvienne, se contentant de s’alimenter de quelques dattes jusqu’à l’affrontement décisif avec l’ennemi ; avant de partir à la recherche d’un bouquet de Qat ».
Un boomrang historique
La guerre actuelle entre Yéménites et Saoudiens est une guerre séculaire qui remonte à la création du « Royaume d’Arabie saoudite », entre la Première et la Seconde Guerre mondiale, lors de la défaite de l’Empire ottoman et de la fragmentation de la région arabe en une mosaïque des États avec en leur centre un État colonial juif voué à maintenir la fragmentation.
La Grande-Bretagne avait promis au Sharif de La Mecque de lui octroyer un royaume « indépendant » s’il se révoltait contre les Ottoman, ce qui a entraîné entre autre, l’occupation de la Palestine et la création d’un « Emirat » dans la péninsule arabique ainsi que dans des pays sous mandat anglo-français au Levant arabe. Mais l’empire américain qui a hérité celui de la Grande-Bretagne pendant la Seconde Guerre mondiale a choisi l’Arabie Saoudite comme cheval de proie dans l’accord signé entre Abdulaziz et Roosevelt en échange du pétrole.
Durant 800 ans jamais le Yémen n’a été conquis par un empire quelconque (ni Ottoman, ni britannique) ; C’est après la naissance de l’Arabie saoudite, que les tentatives de le soumettre n’ont cessé de la part du soit disant « Royaume Saoud » qui voulait sortir du Sahara pour accéder à la Mer Rouge et Bab AL-Mandeb en tentant d’engloutir le Yémen du Nord, le sultanat d’Oman et le reste des émirats de la péninsule arabique, mais c’était en vain.
Faute de conquérir le Yémen militairement, le Royaume Wahabite, déterminé à considérer le Yémen comme une arrière-cour, a cherché à étendre son influence en consolidant les relations de parenté tribale entre les tribus du Yémen du Nord et les tributs du sud de l’Arabie saoudite. Profitant de sa manne pétrolière. Il a commencé à fournir aux yéménites une « aide fraternelle »(sic) et une main-d’œuvre bon marché sur ses terres. Après l’annexion de Najran, Jizan, Assir et le «Quart Vide » du Sahara, le Royaume a appelé à l’arbitrage pour délimiter les frontières. Ainsi fut scellé l’accord de Taïf de 1934, qui n’a été reconnu par le Yémen du Nord qu’en 2000, lorsque Ali Abdallah Saleh l’a approuvé en échange de l’approbation par l’Arabie saoudite d’étaler son autorité sur le Yémen du Sud.
Le type de rapport patriarcal que l’Arabie saoudite imposait sur le Nord du Yémen visait à faire barrage à tout changement politique et toute influence possible au moment de la montée du mouvement de libération anti- colonial des années cinquante qui a ébranlé le tiers Monde. Ainsi lorsque Nasser de l’Egypte, tenta de soutenir les républicains du Yémen contre les monarchistes, l’Arabie saoudite appuyée par les services de renseignement britanniques et américains sont intervenus et ont assassiné l’un après l’autre deux présidents républicains yéménites, Ahmed al-Ghashmi et Ibrahim al-Hamdi, lesquels aspiraient à se libérer de la tutelle saoudienne. Ali Abdullah Saleh a été installé président, et son parent était le chef du Parti Islah protégé par le Royaume saoudien, Abdallah al-Ahmar.
En plus du contrôle politique, l’Arabie saoudite souhaitait perturber l’extraction du pétrole et du gaz au Yémen, en faisant pression sur les compagnies d’exploration britanniques, françaises, italiennes et russes, afin de maintenir le Yémen sous leur dépendance. En échange, elle prévoyait d’étendre avec les compagnies occidentales un oléoduc saoudien long de 1800 km. jusqu’à la côte yéménite en direction de la mer d’Arabie et de l’océan Indien, ce qui nécessitait une main mise sur le Hadramaout yéménite,
Dans les années soixante-dix, le roi Fayçal effrayé par la montée des marxistes au pouvoir dans le Sud , a choisi un profil bas et tenta d’apaiser les yéménites dans un discours célèbre en disant : « Nous nous engageons devant Dieu et vous de ne pas interférer dans vos choix et de laisser nos frères décider de leur sort, et si nous renonçons à nos promesses, vous avez le droit de nous juger comme des criminels » ;
L’avènement en 2015 du roi actuel Mohammed ben Salmane a été marqué par un déclenchement d’une animosité et une guerre ouverte sur tous les plans : le blocus sur le pays a été fait avec le soutien de la « communauté internationale », (disons plutôt l’occident impérial et ses pions).
Ben Salmane ivre de l’euphorie de son coup d’Etat interne, cherchait à valoriser son royaume au sein de la « communauté internationale », en proposant à l’impérialisme d’être un de leurs piliers dans leur projet de soumettre le Moyen Orient à la tutelle occidentalo-sioniste. Ce projet à l’époque n’avait pas un language guerrier du genre « ramener le Yémen ou l’Iran au ou le Liban au Moyen âge », il prêchait un langage libéral: « ouverture, sécurité, stabilité et prospérité... » (sic)
En effet « le projet de développement 2020-2030», proposé par Ben-Salman s’investissait dans le projet Américain du Moyen Orient lequel a annoncé comme objectif idéologique et politique « la lutte contre les régimes autoritaires en Iran, en Syrie et en Irak…»nommé « l’Axe du Mal » car il échappe à l’emprise du Diktat américano-sioniste ..
Son ancien ministre des Affaires étrangères, Abdullah al-Jubeir, a évoqué sans équivoque la nécessité d’éliminer ceux qui sont hostiles à la stabilité régionale en temps de paix avec Israël, les États-Unis et les pays de l’Union européenne ».
Les monarchies du Golf et Israel : un seul combat
Bien que l’Arabie saoudite n’a pas encore normalisé ses liens avec l’Etat sioniste, ceci ne l’a pas empêché de participer à Manama, à la mi-juin 2024, à une réunion conjointe du chef d’état -major israélien, Herzi Halévi, avec ses homologues de cinq pays arabes (Egypte, Jordanie, Emirats arabes unis et Bahreïn). Cette réunion secrète tenue sous l’égide du commandement central américain CENTCOM, visait à coordonner la défense de ces pays face aux tirs balistiques des pays de “ l’axe de la résistance “ ( Iran, Yémen, Irak, Liban, Gaza)
Le Yémen du Nord et l’avènement de Ansar Allah: une nouvelle aire historique :
L’insurrection houthiste au Yémen déclenchée en 2004 au nord-ouest de Yémen était une insurrection de classe qui protestait contre la marginalisation de leur région et l’alignement des dirigeants de Sana’a sur la politique saoudienne et les USA ; En fait les Houthis qui sont des montagnards austères de religion chiites, subissaient depuis longtemps, des persécutions des salafistes sunnites alliés de Saoudiens.
Connus pour être des combattants ardents les Houthis réussissent à partir de 2014 de s’emparer d’une grande partie du pays, et assoir leur pouvoir dans la capitale Sanaa. Dés leur prise du pouvoir Ansar Allah et les partis du Nord ont refusé les propositions saoudiennes de diviser le Yémen et de le soumettre à leur tutelle.
Dans cette perspective, les événements du septembre 2014 représentent un tournant décisif dans l’histoire politique du Yémen, inaugurant une nouvelle phase dans la lutte sur la prise de décision nationale et mettant en lumière la question de la souveraineté, de l’indépendance et des limites de l’influence extérieure dans l’État yéménite.
L’Arabie saoudite qui a fini en 2013 par renverser son allié le président Ali Abd Saleh devenu très indépendant, et installer à sa place son adjoint Abd Rabbu Mansour Hadi, présenté plus conforme à la vague libérale du « Printemps arabe », s’est empressé de former une coalition de 17 pays pour délégitimer les Houthis et déclencher la guerre contre Sana’a. Washington n’a pas tardé de mettre les Houthis sur la liste des organisations terroristes
L’attaque fut terrible, les bombardements visaient des cibles civiles : marchés populaires, hôpitaux, salles de fêtes, abris… On pourra conclure que Saoudiens et Émiratis, ces monarchies pions de l’impérialisme, ont utilisé contre le peuple yéménite, les mêmes méthodes employées par les Israéliens à l’encontre du peuple Palestinien : Éliminer les civils sans défense pour semer la terreur et détruire de manière systématique les infrastructures du pays en vue de saper les fondements de toute vie sociale, culturelle.. ; L’ objectif c’est de contraindre le Yémen de souscrire à l’ordre pétro monarchique sous la houlette de l’Impérialisme occidental. Cet objectif reste inchangé : pour les Emirs du pétrodollars, Sanaa doit défaire son alliance avec l’Axe de la résistance.
Les Émirats arabes unis de leur côté poussé par leur allié israélien sont entrés en guerre au Yémen du Sud, non sans concurrence avec l’Arabie Saoudite. Ils ont formé leur propre milices «Les Géants » en recrutant des groupes salafistes hostiles au Parti Islah pro saoudite. Leurs attaques ciblaient les côtes, les ports et les îles, dont certaines sont devenues des bases militaires Israëliennes.
En 2015, Ansar allah ont réussi à repousser l’offensive saoudo-émirati et ont pu étendre leur influence en contrôlant environ 40 % du territoire vital du Yémen, où vit 70 % de la population yéménite. Sur le plan idéologique, Abdel-Malak El-Houthis (le Nasrallah du Yémen) a réussi à démanteler le narratif saoudien, repris par la communauté internationale et les Nations Unies, sur la nature de la guerre au Yémen.
Ceux-ci y compris la majorité des gouvernements arabes, considèrent Ansar Allah, comme une force affiliée à l’Iran, agissant selon ses directives, servant donc les intérêts de l’étranger pas les intérêts de son peuple, ni l’indépendance de Yémen.
Il est indéniable que l’objectif de la coalition de monarchies pétrolière ce n’est pas de nuire seulement à la réputation du mouvement des Ansar Allah, mais de dire qu’il n’y a pas de question yéménite et que les Houthis, portent une agenda appartenant à l’Iran, et à ses ramifications comme le Hezbollah et les autres membres de l’Axe de Résistance »
Ansar Allah ont fustigé d’emblée les allégations de Riad et accusé l’Arabie saoudite d’ambitions hégémoniques séculaires contre le Yémen, en s’appuyant sur le soutien de la Grande-Bretagne, des pays coloniaux européens et de l’Empire américain pour protéger leurs intérêts géopolitiques dans la région.
Sana’a ne nie pas ses choix stratégiques et idéologiques et son affiliation à un axe régional, l’axe de la résistance, qui fait face à un axe international impérial disposant lui aussi d’innombrables bras et mandataires tels les gouvernements fantoches arabes, des institutions, et des organismes… pour servir les intérêts des prédateurs ennemis des peuples et du colonialisme génocidaire israélien.
Dans cette confrontation, Sana’a a gagné la sympathie et l’influence des Yéménites, de toutes confessions tribales et politiques, contre l’Arabie saoudite, Israël et les pays occidentaux. Il a obtenu un soutien populaire arabe supplémentaire lors de son intervention militaire en faveur de Gaza et de son succès à perturber à 85% le port d’Eilat israélien et empêcher les renforts militaires des sionistes. « Il a démontré ses capacités de combat selon John Klein( du Middle East Eye) en détruisant environ 36 navires à destination d’Israël en prenant le contrôle de la grande île de Hanish en mer Rouge, étroitement lié aux services de renseignement britanniques. Klein affirme même « qu’après avoir obtenu des informations auprès des services de renseignement russes, Sanaa a frappé un porte-avions américain».
Ansar Allah ont gagné en élan moral et expérience de combat lors de sa confrontation avec les forces américaines ; Trump qui a lancé sa guerre directe contre le Yémen pour défendre Israël, s’est trouvé en fait contraint, après 53 jours de combat de demander un accord de cessez-le-feu avec Sanaa, accord toujours en vigueur d’ailleurs.
Au fil du temps, les forces d’Ansar Allah ont développé leur capacité de combat, de renseignement et de fabrication d’armes. Ils ont construit des unités de sécurité et de renseignement à plusieurs niveaux, leur permettant de couvrir la majeure partie du territoire yéménite, y compris les zones sous contrôle de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unies. Selon le rapport de « l’Organisation américaine pour l’armement » publié par le Wall Street Journal le 13 octobre 2026, les Yéménites ont acquis une grande expérience dans la transformation du matériel de base importé des chinois pour la fabrication de missiles, de drones et de coordonnées militaires. Quant aux renforts de troupes le nombre de combattants entraînés est passé de 220 000 à 350 000 en neuf mois entre 2025 et 2026.
Dans ce contexte les Etats Unies réitèrent leurs accusations selon lesquelles la Chine et ses entreprises fourniraient à Ansar Allah des technologies et des matériaux à « double usage ». c’est à dire des technologies destinées généralement à des usages civils commerciaux, mais pouvant être modifiées par des forces armées pour contribuer à renforcer des capacités militaires notamment pour cibler des navires ennemis en Mer d’Arabie ou Mer Rouge
Selon un communiqué de l’entreprise Anthropique , dans un rapport de renseignement sur l’utilisation abusive des outils de l’IA, ,l’entreprise a indiqué avoir repéré une cellule de développement d’armes dans le Nord du Yémen qui utilisait son modèle Claude pour travailler sur trois programme d »armes, notamment :
– Missile balistique à plusieurs étages avec une portée de plus de 2000 km.
– Missiles multi-types, surnommés R2000, y compris une version équipée du concept de véhicule planeur hypersonique.
– Un missile guidé a déjà subi un essai sur le terrain au Yémen.
L’Arabie saoudite s’est sentie ébranlée par ces changements importants, en particulier l’accord de cessez-le-feu américain, que Ben Salmane considérait comme une violation du « vieux accord de protection américaine au royaume, scellé entre Abdulaziz/ Roosevelt». Pire encore, l’accord avec le Yémen intervient après l’évacuation de la base américaine en Arabie Saoudite, suite à son bombardement par l’Iran pendant la guerre américaine contre l’Iran.
En vue de protéger ses oléoducs et ses installations pétrolières, Riad s’est empressée de conclure des accords de défense avec la France et la Grande-Bretagne pour acheter des armes et pour expédier des renforts en matière d’experts et du matériel militaire aux Commandement central américain (CENTCOM) basé en Arabie Saoudite. Riad espère toujours développer l’Opération Aspides, lancée par l’Union européenne en 2022 pour protéger Bab al-Mandeb et la mer Rouge, afin de mener la guerre du détroit d’Ormuz et de « restaurer la stabilité dans cette région» comme il le prétend.
Parallèlement aux paris sur les pays de l’UE, Ben Salmane mise aujourd’hui sur l’intervention des pays de « l’Accord de La Mecque » dans la guerre (Turquie et Pakistan), et parvient à intensifier la pression sur l’Égypte, qui a accepté de collaborer. Aucun de ces pays, embourbé dans des crises internes insolubles, ne semble capable d’envoyer des forces de combat au Yémen, comme ils l’ont tenté en 2025 et ont été contraints de se retirer.
Les combattants du Yémen et les leçons iraniennes.
Un des porte-parole des Asar Allah Abdallah Jenid, a expliqué récemment dans une interview à la chaine Al-Mayadeen que les dirigeants de son pays ont appris quelques grandes leçons de la stratégie des iraniens face à la guerre criminelle que mènent contre eux les Etats Unies:
- L’utilisation de l’élément temps et la guerre d’usure, en ne gaspillant pas tout leur armement ; « Nous sommes chez nous ceux qui nous agresse doivent payer le prix ».
- Utiliser la géographie comme arme de guerre : Ormuz en Iran, Bab Al-Mandeb au Yémen. Le fait que la bataille s’est déplacée de Sanaa à la mer Rouge, permet au Yémen de sortir d’une marge de guerre locale à un conflit mondial influent dans les équations des corridors internationaux.
- Affronter la supériorité aérienne et technologique de l’ennemi par un nouveau concept presque doctrinal qui consiste à considérer « l’attaque comme principal moyen de défense ». Le mot « défense » est largement absent de leur vocabulaire.
Cependant, le partage d’expériences avec des alliés dans l’axe de la résistance a introduit le mot « défense passive » dans leur lexique militaire, car il s’agit de l’un des éléments de la résilience militaire face à la supériorité de l’ennemi en reconnaissance et frappes aériennes.
- Les yéménites comme les iraniens, ils continuent à tirer profit du blocus pour gagner en souveraineté aussi bien alimentaire qu’en développant leur industrie d’armement.
- Une nouvelle stratégie
Aigri par l’expérience rude de la guerre, Sanaa vient d’annoncer qu’elle « mènera cette fois sa bataille jusqu’au départ du dernier larbin des forces américano saoudiennes, peu importe le prix à payer, affirme son leader Abdelmalek EL-Houthi, « nous n’accepterons plus de tergiverser avec l’ennemi, plus question d’accords de trêve temporaires ni de patchs partiels », et de rajouter que les « combattants de Gaza et du Sud Liban ont ouvert la voix
La guerre saoudienne contre le Yémen a tué plus de 350 000 personnes sur les champs de bataille et entraîné la mort de plus d’un million de yéménites, victimes du blocus international criminel. La majorité de ces victimes sont morts d’épidémies surtout le choléra, du manque de traitements, de médicaments, d’eau potable et de nourriture… Aujourd’hui le Yémen n’accepterait plus une moindre solution que se débarrasser de la domination saoudienne sur une partie du pays.
Ainsi, Sanaa a répondu à l’attaque de l’Arabie saoudite contre un avion revenant des funérailles du dirigeant iranien, en affrontant le blocus saoudien par une escalade tous Azimuts, en frappant in aéroport saoudien par des missiles, en renforçant le blocus maritime, et en avançant sur le terrain contre les forces de Abed Rabou.
En moins de 24 heures, la direction des opérations sur la côte ouest du Yémen a décidé de franchir la mer Rouge et Bab al-Mandeb, et ont réussi à prendre le contrôle de plus de 8000 kilomètres carrés, et renforcer le siège de et de la province de Taiz,
- La stratégie interne de Houthis : éviter la guerre civile
Sana’a ne prévoit pas d’occuper la ville de Taiz (ville bastion des Frères musulmans soutenus par l’Arabie saoudite), pour éviter une guerre civile interne dans une région très sensible comptant plus de 6 millions d’habitants ainsi que 300 000 déplacées. Même si contrôler Taiz permettrait de régler le contrôle du Yémen à un coût élevé pour les combattants yéménites. La stratégie des combattants Houthis prévoit d’étendre son contrôle sur les hautes terres et de construire une route sûre autour de Taiz et Bab al-Mandeb pour atteindre Aden, la capitale du gouvernement en exil, dans l’objectif de couper les mobilisations saoudiennes et les bases de soutien militaire des mers et des côtes et changer ainsi les rapports de force avec l’ennemi.
VII. Yémen, Iran, l’Axe de résistance un seul combat
Le leader martyr Hassan Nasrallah était-il le pivot de l’Axe de la Résistance, comme le dit Netanyahou se basant sur ses services de renseignement ? ou il y avait une direction collégiale qui coordonnait les liens entre les différentes composantes de l’Axe. ? Il est indéniable que Kassem Soleimani, menait d’une main de maitre ce projet de l’Axe, mais selon Tabtabai à qui Nasrallah a confié le dossier yéménite les combattants du terrain à Gaza, en Irak et au Yémen étaient enclins à suivre les directives de Nasrallah pour deux raisons : l’une qu’il était un homme de combat (qui a une formé une résistance puissante basée sur armée stable, devenue un modèle pouvant être généralisé à plus d’un endroit, en outre il a gagné deux batailles contre Israël celles de 2000 et 2006. La deuxième raison que Sayed avait un concept clair quant à la relation entre les différentes composantes qui devrait préserver chacune une indépendance interne.
Malgré l’assassinat de tous les leaders de l’Axe de la Résistance à part le courageux Abdelmalek Elhouthi, l’Axe de la Résistance a survécu à l’epreuve, mais en cloisonnant fermement les rapports.
Voilà la liste des tués parmis les dirigeants de l’Axe de la Résistance
- Kassem Souleimani, un général iranien, il a été assassiné le 3 juin 2020 à l’aéroport de Baghdad par un drone MQ-9 Reaper.
- Le général irakien chef des Renforts populaires, Abou Mahdi El-Mouhandes, assassiné avec Soleimani
- Saleh Al-Arouri chef du bureau politique de Hamas en Cisjordanie, assassiné à Beyrouth dans la Banlieue Sud le 2 janvier 2024
- Hassan Nassrallah le leader historique de la Résistance Libanaise, assassiné le 27 septembre 2024.
- Haytham Ali Tabtabai Chef d’Etat Major de Hezbollah assassiné le 23 novembre 2025 dans la Banlieue Sud de Beyrouth, il avait en charge des rapports entre le Yémen et l’Axe de la Résistance.
Le cas yéménite dans l’Axe
Le commandant martyr Haitham al-Tabtabai, avait en charge de gérer la relation avec Ansar Allah pendant de nombreuses années. C’est lui qui s’est rendu au Yémen de nombreuses fois, et était présent dans le champs de la bataille, participant à de longues discussions avec les dirigeants politiques, militaires et sécuritaires locaux, et connaissant les besoins réels d’une force persévérante et travailleuse avec ses propres particularités ; son assassinat a affecté Abdul-Malik al-Houthi qui lui a rendu hommage : « Tabtabai a joué un rôle que le peuple yéménite lui préservera jusqu’au Jour du Jugement ».
- La leçon de la bataille navale contre l’Amérique
Dans la bataille navale contre les États-Unis, le défi yéménite n’était pas de disposer d’une force navale conventionnelle capable de contrer la flotte américaine, mais de construire un système de renseignement et opérationnel permettant à Sana’a de connaître les mouvements de l’adversaire d’une part, de dissimuler ses capacités, de changer de position et de maintenir l’effet de surprise de l’autre part. Cela rendait la mer Rouge difficile à exploiter pour la marine américaine, d’autant plus que les navires et porte-avions devaient opérer dans un environnement de menace constante. Les officiers américains ont déclaré à maintes reprises qu’ils devaient travailler sans relâche car Ansar Allah n’a pas cessé de mener des contre-opérations.
L’importance du renseignement yéménite ici réside dans le fait qu’il n’était pas séparé des opérations militaires ; l’information se transforme rapidement en décision. D’un autre côté, le travail sur des programmes de camouflage a créé un déficit pour les Américains, qui ne peuvent plus obtenir une image précise et à jour des emplacements et capacités d’Ansar Allah, ce qui a conduit à un déclin de la capacité et de l’efficacité de la supériorité technologique américaine.
La désinformation atteignant le camp américain, ainsi que l’échec à atteindre les dirigeants et cibles yéménites, ont été l’une des raisons de la réévaluation de la stratégie américaine. Les forces américaines ne font plus face à une cible fixe pouvant être détruite puis déclarée comme la fin de la mission, mais plutôt à un système capable de disparaître, de réapparaître, de modifier les méthodes de travail et d’épuiser l’adversaire sur une longue période.
CONCLUSION
La guerre au Yémen, est en phase de transition, dont la trajectoire dépend de la conclusion de la guerre américaine contre l’Iran et la région.
Un défi majeur à la marine américaine de l’époque contemporain ce sont les deux bataille de la Mer Rouge et Bab Al-Mandeb menée par les Houthistes, constitue le défi majeur à la marine américaine, en ce qu’elle remet en question le primat de la marine américaine dans cette zone névralgique par où transite les deux tiers du ravitaillement stratégique d’Israël.
En application de la « théorie des anneaux maritimes », les Etats Unis visaient, en effet, à contenir la Chine et la Russie, perçues déjà comme les deux grands concurrents des États Unis du XXI -ème siècle.
Aujourd’hui en Iran on s’attend à une attaque imminente conjointe israélo américaine dont l’objectif annoncé la destruction du pays, massacrer son peuple et changer son régime. Mais l’Iran et son peuple, ainsi que le Yémen et toutes les forces de l’Axe de Résistance se battront jusqu’au bout avec encore une fois le slogan des libertadors : Patria ou la muerte ;
Reprenons dans ces moments difficiles les préceptes de Ho Chi MINH le grand leader des Viets qui disait que « la victoire dans la guerre ne dépend pas seulement de la puissance technique et militaire brute mais de l’adhésion totale du peuple pour défendre son pays ». la supériorité morale des combattants et leur conviction de la justice de leur cause finirait par triompher sur les forces de ténèbres
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