
La commune de Saint-Raphaël est devenue un épicentre de la Réaction anticommuniste et de l’obscurantisme historique, faisant de la date du 23 août le point de départ de sa croisade. En effet, déjà le 23 août 2025, le maire LR Frédéric Masquelier avait scandaleusement fait retirer la plaque commémorative de Roger Landini – frère aîné de l’ancien président du Pôle de Renaissance communiste en France Léon Landini –, qui fut résistant communiste et qui, avec ses camarades (dont son frère Léon qui fut membre des FTP-MOI et décoré de la médaille de la Résistance par l’URSS à la Libération), combattit activement les nazis et le régime pétainiste. Il est vrai que Frédéric Masquelier n’est pas gêné de frayer avec des nostalgiques de Pétain, ayant même intégré dans son conseil municipal Vincent Thiéry, le délégué départemental du parti Reconquête ! d’Eric Zemmour (qui passe son temps à réhabiliter le maréchal Pétain) qui fait parler de lui sur Twitter avec des messages abjects[1].
En hommage à notre camarade Etorix de Angelis, brutalement décédé en 2015,
Décoré par le Vietnam socialiste pour avoir organisé la sécurité de Madame Nguyen Thi Binh durant la négociation des Accords de Paris en 1954,
Membre du Comité de parrainage du PRCF aux côtés d’Henri Alleg, de Georges Hage, de Pierre Pranchère, de Léon Landini, d’Henriette Dubois, de Jeanne Colette et de Simone Vachon notamment.

Il est donc logique que Masquelier salisse la résistance communiste et, au-delà, le communisme tout court, le tout avec une caution pseudo-« scientifique » et un obscurantisme historique crasse qui, malheureusement, empoisonne toujours davantage notre époque. C’est ce qui l’avait amené, le même 23 août 2025, de concert avec « l’historienne » Virginie Girod, à faire ériger une stèle « en hommage aux 100 millions de morts des totalitarismes communistes ». Ce chiffre absolument farfelu et délirant – comme l’admirent même les co-auteurs du sinistre Livre noir du communisme publié en 1997 alors dirigé par l’ancien maoïste et, désormais, égérie de l’ensemble des extrêmes droits et des « antitotalitaires de gauche » Stéphane Courtois – est donc martelé mensongèrement dans l’espace public, tout en effaçant l’histoire réelle qu’ont vécue la famille Landini, leurs camarades et tous les résistants communistes pendant la guerre – comme notre ancien président du PRCF Pierre Pranchère, combattant FTP-F dans le maquis de Corrèze.
De la même manière, il est tout autant logique que Masquelier fasse de la date du 23 août son obsession, appliquant ainsi strictement la résolution adoptée par ledit « Parlement européen » le 19 septembre 2019 – résolution adoptée, rappelons-le, par le RN, les LR, les macronistes… mais aussi le PS et les « Verts » ! – selon laquelle le communisme serait un équivalent du nazisme et déplore « le fait que des symboles de régimes totalitaires continuent à être utilisés dans les espaces publics » (autrement dit, la faucille et le marteau !). Il reprend ainsi la vieille antienne « antitotalitaire » et « libérale » selon laquelle aurait été conclue une alliance, le 23 août 1939, entre Hitler et Staline via le pacte de non-agression germano-soviétique ; une antienne totalement démentie par les faits historiques – ce que le PRCF ne cesse de démontrer depuis des années[2] –, mais transformée en doxa politique par l’Union européenne dans sa fameuse résolution et appliquée par l’ensemble des droites (toujours plus fusionnelles) et par la fausse « gauche » PS et « Verts » pourtant partie prenante du « nouveau Front populaire » …
Poursuivant son offensive réactionnaire, Frédéric Masquelier organise, chaque année autour du 23 août, une exposition accompagnée de « conférences » intitulée « Hommage aux victimes des totalitarismes communistes »[3]. Bien entendu, n’attendons rien de comparable pour les victimes du nazisme avec lesquelles « joue » son allié municipal… Pour cette année 2026, l’édition s’arrête sur les Khmers rouges, qui ont perpétré un effroyable génocide pendant le temps du régime khmer de 1975 à 1979. Cette édition est un excellent symbole de l’obscurantisme et du confusionnisme qui frappent l’Histoire sous les coups de boutoir de la Réaction sans limite. Car l’exposition donne ainsi l’impression que le régime khmer était, implicitement allié à l’URSS.
Or il s’avère que non seulement l’URSS a, via son allié qu’était le Vietnam socialiste, condamné et combattu les Khmers rouges (ces derniers ayant été d’ailleurs chassés en 1979 par l’intervention vietnamienne au Cambodge… qui était massivement bombardé par l’impérialisme états-unien dès 1969 !) mais plus encore, que la Chine (alors toujours marquée par les délires maoïstes de la fin des années 1960) et… les Etats-Unis ont appuyé le régime khmer. L’objectif était simple : empêcher la naissance d’une Indochine socialiste sous l’impulsion vietnamienne ainsi que l’extension de l’influence soviétique en Asie du Sud-Est. Les enquêtes historiques et journalistiques ont d’ailleurs démontré aisément que les Etats-Unis poussaient la Chine – dont la cible privilégiée dans les années 1970 était l’URSS – à armer les Khmers rouges et ont soutenu, jusqu’en 1993, la conservation du siège de l’ONU en faveur des Khmers rouges au détriment du régime cambodgien soutenu par le Vietnam. En d’autres termes, pour l’impérialisme états-unien, pour ses alliés occidentaux et pour la Chine post-maoïste, mieux valait un régime violemment antisoviétique et antivietnamien – donc, de fait, anticommuniste – qu’une Indochine socialiste amie de l’URSS ; fût-ce au prix d’un effroyable génocide largement couvert par l’impérialisme états-unien !
Et les preuves de la responsabilité de l’impérialisme états-unien (et de la Chine) ne manquent pas : ouvrage du politologue Michael Haas Le Cambodge, Pol Pot et les Etats-Unis, publié en 1991 et dans lequel Haas démontre que l’impérialisme états-unien a directement armé le régime khmer et, après 1982, les Khmers rouges eux-mêmes ; témoignage du diplomate singapourien Bilahari Kausikan – peu suspect de sympathie envers l’URSS et le Vietnam selon lequel : « l’ASEAN[4] voulait des élections mais les États-Unis ont soutenu le retour d’un régime génocidaire. Est-ce que l’un d’entre vous a imaginé que les États-Unis avaient autrefois en fait soutenu un génocide ? »[5] ; poursuite du soutien militaire sous diverses formes par les puissances occidentales dans les années 1980, comme l’a montré le journaliste australien John Pilger (qui fut le premier à attirer l’attention sur les atrocités commises à la suite de la sortie de son film Année zéro : la mort silencieuse du Cambodge en 1979) ; ou encore révélation par un dépôt WikiLeaks de 500.000 câbles diplomatiques états-uniens de 1978 montrant que l’administration du « démocrate » Carter était déchirée entre la répulsion face aux atrocités des Khmers rouges et l’inquiétude quant à la possibilité d’une influence vietnamienne croissante si les Khmers rouges s’effondraient.

Mais tout cela, naturellement, les Raphaëlois qui visiteront cette « exposition » n’en entendront jamais parlé. Au contraire : ils auront écouté la conférence du 23 août 2026 à 18h59 avec « Virginie Girod, historienne ; Soko Phay, historienne spécialiste de la mémoire du génocide cambodgien et rescapée ; Arnaud Vaulerin, journaliste à Libération ; Frédéric Dabi, directeur général Opinion du Groupe Ifop ». Ne doutons pas de « l’impartialité » de l’échange avec un journaliste opérant à Tokyo, un directeur de « sondages » ne connaissant rien à l’affaire, et plus encore avec Virginie Girod. En effet, cette dernière est spécialiste de… l’histoire des femmes et de la sexualité dans l’Antiquité romaine (quel rapport avec l’histoire géopolitique de l’Asie du Sud-Est ?). Ce qui ne l’empêche pas d’être l’origine de la stèle des « 100 millions de morts » de Saint-Raphaël, affirmant que « ce nombre évalué par l’historien Stéphane Courtois correspond aux victimes cumulées de cette idéologie » ; déterminée, elle regrette que « le communisme [ne soit] pas interdit, contrairement au nazisme » … Rien de plus surprenant pour une « historienne » qui passe son temps à sévir dans Le Point, sur RMC ou sur Europe 1, soit les figures de proue de la Réaction culturelle et médiatique en France.
Preuve en est, une fois de plus, combien le combat idéologique est un élément majeur de la Renaissance communiste en France, à l’heure où les forces obscurantistes se déchaînent en Europe et aux Etats-Unis où le communisme apparaît comme l’ennemi majeur, y compris pour Trump. Mais pour mener ce combat, mieux vaut ne rien attendre d’un « PCF » qui vient de confirmer son orientation eurocommuniste qui le pousse à toujours plus se subordonner à son allié PS (et qui le pousse même, pour certains de ses membres, à véhiculer les clichés anticommunistes les plus crasses en matière d’histoire et de géopolitique), ni encore moins des prétendus « marxistes-léninistes » considérant que la bataille idéologique n’est que « littérature secondaire » et préférant moquer (sournoisement et stupidement) le « communisme de commémoration ». Pendant ce temps, la droite réactionnaire mène la bataille pour l’hégémonie culturelle, qui implique de répondre par une « analyse concrète de la situation concrète » sur les questions théoriques, comme le fait le PRCF qui n’oublie pas que « l’idéologie dominante est l’idéologie de la classe dominante ».
[2] Lire https://initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/il-y-a-80-ans-le-pacte-germano-sovietique-un-symbole-de-lhistoire-detournee-par-les-reactionnaires/ ; et voir la vidéo « PACTE GERMANO-SOVIÉTIQUE : LE MYTHE DE L’ALLIANCE HITLER-STALINE – avec Annie LACROIX-RIZ » : https://www.youtube.com/watch?v=PzxIotiUDSs
[4] L’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Anase, ASEAN en anglais), créée en 1967 sous le patronage de l’impérialisme états-unien, visait à empêcher la diffusion du communisme dans la région ; la prise du pouvoir par les communistes dans tout le Vietnam n’a jamais été digéré par les administrations états-uniennes…
[5] Et même plus qu’un puisque les Etats-Unis ont appuyé le génocide des communistes indonésiens perpétré par le régime Suharto à partir de septembre 1965…
Communiqué de la commission Histoire et Mémoire du Pôle de Renaissance communiste en France – 23 août 2026

Ce 23 aout, la commission europénne coordonne une vaste campagne de propagande anticommuniste comme en témoigne cette publication sur X. Chacun pourra y constater que cette institution dans le premier dirigeant aura été le nazi Hallstein ne dit mot des accords de Munich livrant la Tchecoslovaquie (et ses usines d’armements) l’Allemagne nazie, ni des accords entre le régime polonais et le régime nazi, ainsi que les pactes de non agression Bonnet Ribbentrop ou encore le traité naval anglo allemand de 1935 tous antérieurs au pacte molotov ribbentrop qui en est la conséquence.


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