Répression syndicale dans l’Éducation nationale : à Marseille, un rassemblement pour faire reculer la peur et obtenir justice
Mardi 15 septembre 2026, à 10 heures, la CGT Éduc’action 13 appelle à un rassemblement devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) des Bouches-du-Rhône, 28 boulevard Charles-Nédélec à Marseille. L’action s’inscrit dans une journée de grève. L’objectif affiché est clair : obtenir la levée des suspensions, l’abandon des procédures liées à l’activité syndicale et au droit d’alerte, et le respect des libertés syndicales.Sept personnels de l’Éducation nationale, militants ou proches de la CGT Éduc’action des Bouches-du-Rhône, font l’objet de mesures que le syndicat qualifie de répression. Quatre enseignants ont été convoqués le 31 août, à la veille de la rentrée, puis suspendus à titre conservatoire pour quatre mois. Deux agents contractuels qui animaient une section syndicale CGT n’ont pas été renouvelés. Un autre camarade a subi une mutation d’office après une suspension de quatre mois.Ces mesures visent, selon l’organisation syndicale, des agents qui ont défendu leurs collègues, exercé leur mandat et leur droit d’alerte, et signalé des dysfonctionnements : manque de personnels, locaux dégradés, conditions de travail défaillantes, prise en charge insuffisante des élèves en situation de handicap.« Plutôt que de répondre aux problèmes soulevés, l’administration choisit aujourd’hui la voie de la répression et de la mise au pas. Nous ne pouvons pas l’accepter sans réagir », écrit la CGT Éduc’action 13.
Par communiqué, le PRCF 13 appelle à « rejoindre la manifestation et soutenir les enseignants frappés » en « signant notamment la pétition lancée sur Internet ». Les militants communistes des Bouches-du-Rhône soulignent ainsi que cette répression s’inscrit dans un climat général de fascisation, autoritaire et répressif, qui cible tout particulièrement les libertés politiques et syndicales. La répression violente et inédite qui frappe à la rentrée les enseignants des Bouches-du-Rhône, lesquels n’ont fait que leur devoir statutaire de fonctionnaires — dénoncer de graves et lourds dysfonctionnements —, s’inscrit dans le fichage et la répression d’ampleur du printemps dernier des lycéens qui ont osé dénoncer les graves coupes budgétaires frappant leurs établissements scolaires et obérant ainsi leurs conditions d’enseignement, et donc leur avenir. Les mêmes s’étaient permis de photographier et de ficher des lycéens manifestants contre les décisions iniques de l’administration, et de menacer leurs parents pour leur interdire un droit fondamental et constitutionnel, celui de s’exprimer. Ces étapes dangereuses ne sont pas franchies dans n’importe quel contexte. Elles s’inscrivent dans une situation où, au Parlement, le régime Macron vote ses lois de répression budgétaire, de répression antisociale, de répression antidémocratique (permis de tuer, etc.) main dans la main avec le RN de Le Pen et Bardella. Un bloc macrono-lepéniste qui vote également main dans la main les crédits de guerre, pris au détriment de l’école, de l’hôpital public, de l’aménagement du territoire et de l’écologie. Dans le même temps, la propagande militaire est désormais institutionnalisée pour préparer l’envoi de la jeunesse dans les tranchées : le chef d’état-major de l’armée n’a-t-il pas déclaré que les familles doivent être prêtes à « sacrifier leurs enfants » ?
La réponse doit donc être forte, collective. Elle doit passer notamment par l’unité des travailleurs. La rentrée sociale est marquée par plusieurs luttes. Par exemple, le 15 septembre, à Marseille, les énergéticiens et gaziers, à l’appel de la CGT, seront devant la préfecture, les enseignants devant le rectorat, tandis que la mobilisation pour la mise en sécurité et la nationalisation de la dernière entreprise de fabrication de papier en France, Fibre Excellence à Tarascon, se poursuit. Plutôt qu’un ordre dispersé permettant la division et la répression, la force du front uni du « tous ensemble » doit se construire.
À Aubagne, trois enseignants lourdement frappés par l’administration
À l’école de la Tourtelle, à Aubagne, trois enseignants syndiqués, dont Jadran Svrdlin, n’ont pas fait leur rentrée. Pour Svrdlin, il s’agissait de sa 25e rentrée, dont sept années dans cet établissement. Ils sont interdits d’approcher l’école, les élèves et les enseignants.
Dans un article de presse locale, un enseignant qui exerce depuis dix-sept ans dans l’école détaille les alertes répétées : alarme incendie hors service pendant six mois, chauffage défaillant depuis des années, externalisation du ménage et dégradation du service, non-remplacements d’enseignants. « À chaque fois que nous avons documenté nos alertes, les problèmes soulevés ont été minimisés », explique-t-il. Sans dévoiler le contenu de l’enquête administrative, il estime voir « clairement une mesure d’intimidation ».La CGT affirme que ces suspensions conservatoires pouvant aller jusqu’à quatre mois, les sanctions et les menaces de non-renouvellement « s’apparentent à une volonté du Rectorat de faire des exemples ».
À La Ciotat, une enseignante « encore sous le choc »
À l’école Jean-Zay de La Ciotat, Coralie Hernandez, enseignante depuis 2020, est également interdite de classe cette rentrée. Elle avait dénoncé, selon le même reportage, « un management autoritaire et le manque de considération envers une accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH), l’exclusion de cantine d’élèves handicapés faute d’embauche d’accompagnants, ou le fait de confier à une agente territoriale (ATSEM) quinze élèves en remplacement d’une enseignante ».On lui reprocherait des absences liées à son mandat syndical, qui « compromettraient le climat de confiance entre l’école et la famille ». Des termes qui sonnent comme une revendication par l’administration aux ordres du régime Macron Lecornu comme une chasse aux sorcières contre les personnels syndiqués. Un véritable scandale.
« Eux, ils ont la sanction, nous, on a la solidarité », déclare-t-elle, déterminée.
Ces cas s’ajoutent, toujours selon le syndicat, au non-renouvellement de deux agents en CDD qui animaient une section CGT, « sous prétexte de réorganisation des services du Rectorat ».
Côté académie d’Aix-Marseille, aucune communication n’a été faite. La communication institutionnelle se retranche derrière un laconique « une enquête administrative est en cours. » .
D’aucun pourrait en conclure que les dossiers sont vides, si ce n’est de mauvais procès politiques et d’une répression anti syndicale digne des pires patrons voyous. Pas si surprenant s’agissant du régime Macron. Chacun pourra faire la comparaison du zèle pris dans les mesures privant des élèves d’enseignants appréciés, versus les dangereuses affaires Betharam et Stanislas où le régime Macron Bayrou et cie et son administration a brillé par son inaction complice dans des cas terriblement graves.
Une stratégie de la terreur contre les enseignants et les personnels éducatifs pour faire régner la loi du silence
Pour la CGT Éduc’action, la chronologie n’est pas fortuite. Les convocations tombent à la veille de la rentrée, moment où l’impact sur les équipes, les élèves et les familles est maximal. Les suspensions conservatoires écartent immédiatement les militants des établissements. Les non-renouvellements de contractuels frappent des personnels déjà précaires. La mutation d’office parachève le dispositif.
Le message envoyé, selon le syndicat, est celui de la peur : ceux qui osent documenter les défaillances — sécurité incendie, confort thermique, inclusion scolaire, sous-effectifs — s’exposent à des procédures lourdes. Le droit d’alerte, pourtant reconnu, se retournerait contre ceux qui l’exercent.
« Quand l’un·e d’entre nous est attaqué·e pour son activité syndicale, c’est toute la CGT qui est attaquée », rappelle le communiqué transmis aux unions départementales et locales, notamment du Vaucluse, appelées à relayer l’appel et à se joindre au rassemblement.Une pétition de soutien circule : « Répression syndicale contre sept militant·es de la CGT Éduc’action 13 ». Le syndicat invite à la signer et à la faire signer.
On ne peut pas non plus ne pas faire le rapprochement avec le lancement d’une vaste campagne de propagande au sein même des écoles avec les « classes de défenses », et l’inquiétude que peut susciter auprès des états majors la présence de syndicalistes enseignants de la CGT Education ou d’autres organisations syndicales qui ne souhaitent pas voir leurs élèves transformées en chair à canon, ni pour les milliardaires, ni pour leurs guerres.
Une répression qui a déjà frappé les lycéens au printemps 2026 : de l’argent pour l’éducation, pas pour les canons !
ès début mars 2026, des lycéens marseillais ont bloqué leurs établissements pour dénoncer les baisses de dotation horaire globale annoncées pour la rentrée. Dans les Bouches-du-Rhône, 22 lycées publics étaient concernés, dont une dizaine à Marseille. Les coupes frappaient surtout les établissements aux indices de position sociale les plus bas : environ 70 heures en moins au lycée Victor-Hugo, 63 à Diderot, près de 80 à Nelson-Mandela. Au total, près de mille heures d’enseignement disparaissaient à l’échelle de la ville. Options, dédoublements et groupes réduits étaient menacés. Le mouvement, lancé autour du 5 mars au lycée Saint-Charles, s’est étendu à Thiers, Montgrand, Diderot, Antonin-Artaud ou encore Marcel-Pagnol. Des chaînes humaines, des barricades de poubelles, des sit-in devant la DSDEN et des cortèges de plusieurs centaines, parfois plus de deux mille personnes selon les organisateurs, ont rythmé le mois. Enseignants, AED, parents et intersyndicale ont rejoint les élèves. Le 17 mars, des centaines de lycéens ont marché jusqu’à la direction académique. Le 31 mars, une grève nationale a encore rempli les rues, des Réformés à la préfecture.
La réponse a d’abord été policière. Le 10 mars, devant le lycée Thiers, les forces de l’ordre ont dispersé un blocus. Un lycéen a été plaqué au sol, menotté et placé en garde à vue pour outrage et rébellion. Des élèves ont accusé un agent d’avoir projeté une poubelle contre une lycéenne. Le jeune a été relâché après une dizaine d’heures, sans poursuite selon plusieurs récits. Le 13 mars, les CRS sont intervenus au lycée Artaud après une barricade et un départ de feu dans un local poubelles voisin : deux interpellations. Le 17 mars, trois lycéens de 17 ans de Victor-Hugo ont été placés en garde à vue, dont au moins un interpellé à son domicile. Ils ont été déférés devant un juge pour enfants, soupçonnés de tirs de mortier vers l’enceinte où se trouvaient le proviseur et son adjoint. Aucune plainte de l’établissement n’a été déposée. L’enquête a retenu des violences en réunion sans incapacité et la dissimulation du visage. Des mesures éducatives étaient envisagées.
Au fil des semaines, syndicats et assemblées générales ont dénombré près d’une dizaine d’interpellations, des gardes à vue de mineurs, des convocations judiciaires et des procédures disciplinaires internes. Des CRS ont été déployés de manière quasi systématique devant certains lycées de quartiers populaires, notamment Diderot. SUD éducation 13 a parlé de violences policières, d’intimidations et d’une « répression inacceptable » face à une jeunesse qui demandait des moyens, pas des sanctions. Un rassemblement contre cette répression a été appelé le 8 avril, bas de la Canebière.
La pression s’est ensuite déplacée vers les familles. Le 26 mars, lors d’un sit-in devant la DSDEN, le directeur académique Jean-Yves Bessol a photographié des lycéens. Il a demandé aux proviseurs de les identifier. Début avril, trois ou quatre familles ont reçu un courrier : « Votre enfant a été reconnu lors d’une manifestation. » Le droit d’expression y était rappelé, mais aussi l’obligation d’assiduité et l’interdiction de porter atteinte à la continuité du service. La presse a parlé de « fichage ». L’inspecteur a assumé : les élèves n’ont pas le droit de grève. Parents et syndicats ont dénoncé une méthode d’intimidation profondément contraire à la démocratie, qui vaut également pour les lycéens.
Six mois plus tard, le souvenir de ce printemps reste celui d’un mouvement lycéen massif, vite confronté à la police, à la justice des mineurs et à l’appareil académique. Les syndicats exigeaient alors l’abandon de toutes les poursuites. Les coupes, elles, ont continué de structurer la rentrée. La question posée par les élèves n’a pas disparu : faut-il traiter le manque d’heures, ou réprimer ceux qui le rendent public ? Encore une fois, en s’attaquant aux enseignants qui osent parler le régime montre ses priorités.
Ce que demandent les personnels mobilisés
Le rassemblement de mardi n’est pas seulement un geste de solidarité. Les revendications sont précises :
- levée immédiate des suspensions conservatoires ;
- abandon des procédures disciplinaires liées à l’activité syndicale et au droit d’alerte ;
- renouvellement des contrats des agents non reconduits ;
- respect effectif des libertés syndicales ;
- traitement des dysfonctionnements signalés plutôt que la sanction de ceux qui les portent.
Au-delà des sept cas, le syndicat inscrit l’affaire dans un climat plus large de dégradation des conditions d’exercice : classes sans remplaçants, locaux vétustes, inclusion scolaire sans moyens humains suffisants, externalisation de services de nettoyage. Les enseignants et AESH qui parlent de ces réalités au quotidien se retrouveraient désormais exposés.La CGT Éduc’action 13 insiste : la défense des libertés syndicales n’est pas l’affaire d’un seul département. Elle appelle les structures interprofessionnelles et les autres syndicats de l’éducation à ne pas laisser s’installer un précédent.
La rentrée 2026 dans les Bouches-du-Rhône s’ouvre donc avec des classes où des titulaires sont remplacés au pied levé, des équipes privées de collègues expérimentés et des familles confrontées à une instabilité supplémentaire. À Aubagne comme à La Ciotat, les établissements concernés fonctionnent désormais sans les enseignants qui avaient précisément alerté sur les conditions d’accueil des élèves.Mardi matin, devant la DSDEN, les organisateurs entendent montrer que la peur ne suffira pas à faire taire. « Eux, ils ont la sanction, nous, on a la solidarité », a résumé Coralie Hernandez. Le rassemblement de Marseille sera le premier test public de cette solidarité.Les personnels de l’éducation, les parents et les organisations qui le peuvent sont invités à se joindre au cortège. Une journée de grève accompagne l’appel. L’administration, de son côté, reste pour l’heure silencieuse, au nom de l’enquête en cours.L’issue de ces procédures dira si le droit d’alerte et le mandat syndical restent des outils de protection du service public d’éducation, ou s’ils deviennent des motifs de mise à l’écart. Pour la CGT Éduc’action 13, le 15 septembre à Marseille doit être le moment où cette question cesse d’être traitée dans le huis clos des entretiens préalables à sanction.
La pétition => Répression syndicale contre sept militant·es de la CGT Éduc’Action 13
Suspensions conservatoires, sanctions disciplinaires, non-renouvellements de contrats : dans les Bouches-du-Rhône, cette rentrée est marquée par une offensive inouïe contre sept militant·es de la CGT Éduc’action.
Écoles, collèges, services : leurs profils sont variés. Leur point commun ? Leur militantisme. Leur tort ? Avoir défendu leurs collègues, signalé des dysfonctionnements et refusé de se taire face à la dégradation du service public d’éducation.
Pourtant, les problèmes sont réels et documentés : manque de personnels, absences non remplacées, locaux dégradés, températures insupportables, risques pour la sécurité, épuisement professionnel, droits des élèves en situation de handicap bafoués, mais aussi l’autoritarisme hiérarchique dénoncé par les personnels.
Plutôt que d’y répondre, l’administration, dans une logique de management brutal et de mise au pas des personnels, réprime celles et ceux qui cherchent à améliorer le service public d’éducation.
Ceci n’est pas un cas isolé. Tous les secteurs du monde du travail subissent une répression syndicale féroce :
Les 1000 réprimés de la CGT, les Bourses du Travail menacées de fermeture, la secrétaire générale convoquée par la justice ne sont pas des coïncidences mais bien un faisceau révélateur d’une politique répressive !!!
À travers les militant·es, ce sont tous·tes les travailleur·euses qui sont menacé·es.
Le message est clair : taisez-vous et acceptez la disparition de vos droits et des conquêtes sociales.
La CGT Éduc’action 13 refuse cette mise au pas et exige :
– la levée immédiate des suspensions conservatoires ;
– l’abandon de toutes poursuites fondées sur l’activité syndicale ou l’exercice du droit d’alerte ;
– la réintégration et le maintien dans l’emploi des personnels évincés ;
– le respect des droits de la défense et des libertés syndicales ;
– des moyens à la hauteur des besoins du service public d’éducation.
ILS VEULENT NOUS ISOLER : ORGANISONS LA SOLIDARITÉ ET LA RIPOSTE !
Grève et rassemblement : le mardi 15 septembre à 10h devant la DSDEN 13 (28 bd Charles Nédélec, Marseille)
En signant cette pétition je soutiens les personnels réprimés de l’Education nationale dans les Bouches-du-Rhône.

Revue de presse :
Dans la Marseillaise du 4 septembre 2026

dans la Provence le 3 septembre :







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